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La Stavia Corp' .
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Ardokath



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 Message Posté le: 15 Aoû 2005 17:09    Sujet du message:
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Chère Stavia.

Si une nuit, la malédiction de la non-vie ne vous satisfait plus, je serais heureux de vous présenter à la Spirale Noire.

Votre esprit, dans le réseau, se verra libérer de cette soif inextinguible qui vous assaille depuis si longtemps, sans pour autant se retrouver privé de l'éternité.

Bien entendu, ce programme n'est offert qu'aux candidats souhaitant intégrer notre organisation. Mais qui sait ce que l'avenir nous réserve lorsque l'on a l'éternité devant soi...
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bransheeblue
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 Message Posté le: 15 Aoû 2005 18:18    Sujet du message:
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Carnet de route : Août de l’an de grâce 2062.

Des jours que je traverse la lande sous une bruine incessante. Dans l’ébullition de mes pensées, elle agit comme un baume sur mon esprit torturé.
Je la piste depuis une éternité me semble –t-il, mais une voix au fond de ma tête me dit que je touche à mon but.
Bientôt nous serons enfin face à face. Je redoute autant que j’espère cette rencontre. Je ne sais pas à quoi je m’attends de sa part, et s’il me sera facile de mener à bien ce monstrueux projet.
Se souviendra-t-elle seulement de moi, ou bien ne suis-je qu’une victime de plus sur sa liste sans fin ? Mes idées s’embrouillent parfois et je me sens comme tenaillée par une faim impérieuse, une soif sans borne et mon cœur déjà mort s’emplie chaque jour un peu plus de haine.

Il y a des moments où je me crois devenir folle à force de ressasser tout cela.
Je suis seule au milieu de nulle part et pourtant je ne me suis jamais sentie aussi libre de ma vie.


Carnet de route : Août de l’an de grâce 2062.

Hier j’ai fait halte dans une auberge du comté Lúghaidh. Ce pays peuplé de légendes ancestrales semble sorti des brumes de l’imagination fertile d’un barde.
A mon entrée, les voix se sont tues, et je ne sais si cela est dû à mon apparence peu concordante à celle des habitants.

Cette nuit, je devrais sortir encore. Je ne doute pas de devoir me sauver au petit matin comme un voleur ….ou plutôt comme un assassin. Les gens ne tarderont pas à faire le lien entre l’étrange épidémie foudroyante qui sévie sur mon passage et l’étrange créature que je suis à leurs yeux.

Quand bien même je serais innocente, qu’ils me verraient comme le coupable idéale.

Je suis revenue de ma promenade nocturne aux premières lueurs de l’aube. La chasse a été fructueuse, mais je ne suis pas seule à « officier » dans la région. J’ai identifié deux cadavres qui n’étaient pas de mon fait.
Je me demande qui est le prédateur qui chasse sur « mes terres », et s’il m’est hostile ou non.
Mais je sais que ce n’est pas Elle.

Je vais faire mon paquetage et partir le plus rapidement possible ; à mon réveil j’ai trouvé une chouette crucifiée sur la porte de ma chambre, je ne suis visiblement plus la bienvenue ici. Et je ne veux pas attendre de savoir si quelque courageux viendra me décapiter dans mon sommeil ou non.


Carnet de route : Août de l’an de grâce 2062.

L’obscurité et l’épaisseur d’une forêt domaniale m’ont offert un refuge salvateur.
Quatre jours à présent que je campe au cœur de cet abri. Je longe la mer, je sens l’iode emplir l’air de son effluve.
La voix dans ma tête est venue tourmenter mon sommeil. Je n’ai même plus ce repos pour reprendre des forces. Je n’ai pas vu âme qui vive depuis une éternité et je gage que les chasseurs se trouveront bien perplexe en trouvant les restes de mes repas.

Elle n’est plus très loin à présent.


Carnet de route : Août de l’an de grâce 2062.

Le temps semble ne pas avoir de prise sur ce pays. Tout ici semble figé depuis le Moyen-Âge, jusqu’aux reliques des tables sacrificielles.
L’une d’elle doit encore servir à un quelconque rituel, j’ai senti de loin l’odeur ferreuses du sang frais ; même s’il n’en reste aucune trace visible.

Depuis trois jours, je sens une présence qui me suit. J’ai fait mine de ne rien voir jusqu’à présent, mais ce soir j’en aurais le cœur net.

Je me suis postée en hauteur dans un arbre, laissant quelques friandises sur mon campement. J’ai attendu plus de deux heures avant d’entendre les buissons et quelques branchages morts craquer sous un pas feutré.
Dans ce genre de circonstances, être nyctalope présente bien des avantages.

Mais quelle ne fut pas ma surprise de voir se glisser subrepticement une louve. J’ai retenu mon souffle de peur de la faire fuir, mais elle savait que j’étais là.
J’ai quitté ma cachette et me suis avancée vers elle. Son regard a plongé dans le mien.

Cette nuit là, je n’ai pas dormie seule. Je crois que je viens de trouver une compagne de route, discrète, indépendante ; et cette présence s’avère fort appréciable durant mes longues journées de marche.
Entre créatures de la nuit, je crois que l’on se comprend.


Carnet de route : Août de l’an de grâce 2062

Eirinn s’averre être une compagne très utile et agréable. Mais sa présence à mes côtés m’oblige à ne plus pénétrer dans les villages que nous abordons.
Mon apparence quelque étrange m’interdisait déjà l’accès à de nombreuses auberges, mais je crains que la présence d’un loup ne m’en ferme définitivement les portes.
Mais cela n’est pas plus mal, nous nous satisfaisons très bien de notre isolement.

Tout comme elle, ma nature me met au ban de cette société.

Nous dînons de concert, il n’a pas été difficile de lui faire comprendre que j’étais le chef de cette horde bien originale et ne s’est pas rebellée à l’idée de manger mes restes.
Finalement, cette complémentarité m’évite de semer des cadavres le long de mon chemin, mettant ainsi d’éventuels ennemis sur ma trace comme un petit poucet égrainant de bien singuliers cailloux sur son chemin.

Nous avons décidé d’emprunter des sentiers oubliés depuis une éternité, nous éloignant ainsi des grands axes et des villages.
Je me sens bien avec elle. Nous avons des conversations longues et silencieuses ; j’ai pu grâce à elle développer ce don de communication avec les êtres de la nuit. Et sa seule présence suffit à éloigner les animaux trop curieux qui nous feraient repérer.

Deux fugitives, voilà ce que nous sommes.


Carnet de route : Août de l’an de grâce 2062.

Nous avons flairés SA piste aux abords du comté de Clàr, deux cadavres à peine dissimulés dans un fossé et encore tièdes témoignent que nous touchons au but. Dans le fond, cela ne me surprend pas. Les habitants de cette région prisent la musique ; et je sais qu’Elle y est sensible.

La voix est revenue, c’est pour ce soir. Ma douce Eirinn l’a bien sentie elle aussi, je lui trouve une attitude étrange, voir même craintive. J’ai appris à me fier à son instinct, et ce que nous allons rencontrer ne nous est pas amicale.
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bransheeblue
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 Message Posté le: 30 Aoû 2005 8:11    Sujet du message:
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Carnet de route: Septembre de l'an de grace 2062:

Quelques mots griffonnés sur le coin d'une table aux alentours du comté de Mayo.

"Il y a du vent là bas
des arbres qui se tordent
des feuilles qui volent
l'air y vibre d'une tension permanente
claire et limpide
où se cachent les mouches
et les oiseaux les cherchent
en criant
Il y a de gros flocons
qui déroulent leurs lignes blanches
ils zébrent le matin
de leur chute anarchique
pour recouvrir avec tendresse
la terre froide au dehors
mais si chaude au milieu
Là-bas l'équilibre de tous ces bruits
forme un silencer leger
un silence de vie
ponctué d'un battement d'aile
d'une agonie de fourmi
ou de l'accouchement d'une souris
Là-bas les vaches se grattent le dos
contre toujours le même arbre
qui resiste en rigolant
mais pas trop parce qu'il a l'ecorce gercée
là-bas
tu peux rester des heures
à trembler de froid
sans avoir envie de te flinguer
parceque là-bas t'es un homme
et puis c'est tout
c'est pas comme ici
ici on est tous des chiens
à ronger notre frein
comme un os qu'on lâchera pas
et puis là-bas
s'il en existe encore
on s'y ferait royalement chier
à être un homme et puis c'est tout
parce qu'ici
c'est pas tout
t'es un homme et t'as mal
planté dans une rue
où jamais racine ne prend
semé là où rien ne pousse
graine pourrie sous la pluie
craquelée de gel
et delaissée des corbeaux
ici n'est pas là-bas
on est tous ici
et on attend
et on sait
que ça va être long et froid et solitaire
et on attend l'aube en faisant semblant
de ne pas savoir que le soleil est mort
et à investir chaque feu follet qui passe
d'une aura divine
pour peu qu'il te rechauffe la couenne
une seconde
l'espace de leur ephemere
alors on ne dit plus rien
il fait juste nuit
il fait juste froid
il fait juste mal
j'habite ici."

Mano Solo.
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 Message Posté le: 02 Sep 2005 14:49    Sujet du message:
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Nuit macabre


Stavia était assise dans le fond d’un pub, perdu au beau milieu de nulle part dans la lande Irlandaise, Eirinn couchée à ses pieds. Le tenancier avait bien essayé d’empêcher l’animal d’entrer, mais un seul regard de l’homme qui se tenait derrière elle, avait suffit à faire taire toutes argumentations.
Les trois comparses se dirigèrent, sans un mot, vers la table la plus reculée.
Myers et elle, s’étaient retrouvés quelques heures plus tôt.A présent, Ils buvaient en silence, enchaînant les pintes de bière légère et parfumée.
Au premier regard, il avait su qu’elle avait changé. Son instinct ne le trompait pas. Une lueur singulière brillait dans son œil ; celle de ceux qui ont tué et aimé le faire. Un sourire de satisfaction étira ses lèvres. Sa Dame venait d’embrasser les ténèbres, il en était sûr.

Un long silence s’étirait entre eux. Myers l’observait, reculé dans son siège, le visage avalé par l’obscurité.
Sa voix chaude et roque emplie l’espace confiné dans lequel ils s’étaient retranchés :

« - Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ? »

Elle releva la tête, posa sa chope, surprise. Cela faisait tellement longtemps que personne ne lui avait adressé la parole et qu’elle n’avait parlé à quelqu’un.
Et sans s’en rendre vraiment compte, elle se mit à raconter :




« Nous sommes arrivées au village aux alentours de la mi-nuit. Les villageois étaient réunis sur la place, dansants, riants, festoyant autour d’un grand feu de joie.

C’était la nuit idéale pour faire son « marcher ». Dissimulée parmi la foule des badaux, Elle passerait inaperçu un assez long moment. Elle s’était ‘d’ailleurs, sûrement déjà fondue dans la foule des joyeux lurons ; attendant tranquillement que quelques individus avinés s’éloignent du groupe.
Ainsi séparé des leurs, les victimes se laissaient plus facilement charmer par sa présence.

Aux aguets, nous cherchions parmi la multitude de visage, celui que nous voulions trouver.
Une sensation bizarre ne me quittait plus depuis notre arrivée aux abords du village ; regardant cette journée défiler dans une sorte d’état cotonneux.

Mais à présent, j’allais tout à fait bien.

Nous nous sommes faufilées dans la peine ombre ; certaines que si Elle était là, c’était de ce côté-là que nous devions chercher. Scrutant les recoins sombres, les ruelles mal éclairées.

L’artère principale remontait jusqu’à un sous bois, sans bruit nous avons empruntez le chemin qui y menait.

Eirinn avait bien du mal à se contenir et laissait échapper, parfois, de petits gémissements étouffés.
Parvenues à destination, nous prêtâmes l’oreille afin de discerner d’éventuels bruits qui n’appartiendraient pas à la troupe des fêtards.
Quelques minutes plus tard, un murmure dans un bosquet attira notre attention. Nous nous avancions à pas discrets, tendant l’oreille afin de distinguer plus clairement l’origine de se murmure.

Ce qui se déroula sous nos yeux, je ne l’oublierais jamais. »

Elle s’arrêta un instant, avalant une gorgée de bière ; puis la regardant à nouveau en vida le contenu d’un trait.
C’est d’une voix plus sure qu’elle reprit sa narration :

« - Je ne sais pas pourquoi, mais nous sommes restées figées, écoutant et observant la scène.
Une femme magnifique était assise par terre, vêtue d’une robe diaphane et virginale. Son doux visage noyé de larmes, elle sanglotait dans les bras d’un jeune homme.
Nous étions sur le point de rebrousser chemin lorsque j’ai entendu sa voix.

« J’ai si froid, si peur …..Prenez-moi dans vos bras. » Elle murmurait, mais pourtant je pouvais entendre parfaitement tout ce qu’elle disait. Sa voix était douce et belle, profonde et chaude. Personne n’aurait pu résister aux plaintes d’une telle caresse.

Il s’est penché sur elle, l’enveloppant et la serrant contre lui. Lui caressant les cheveux avec une infinie tendresse, lui murmurant des mots doux et rassurants à l’oreille.

Mais quelque chose sonnait faux. Eirinn tremblait de tous ses membres, au point que je redoutais qu’elle nous fasse découvrir.
J’étais comme figée, incapable de détacher mon regard de ce couple enlacé.
Je la vis enfouir son visage dans le cou de son partenaire et se pelotonner tout contre lui.
Il la berçait comme une enfant. » shutt, tout va bien, vous n’êtes plus perdue à présent. Tout va bien. « Merci messire « lui chuchota-t-elle.
Sa main glissa dans la chevelure masculine, caressant la nuque ; il laissait échapper un soupir de satisfaction.
Ils se caressaient, s’enlaçaient, à l’abri des regards, croyaient-ils. Mais nous étions là, toutes deux tapies dans l’ombre. La faim commençait de me tenailler, lorsque La voix revint.
« Regarde comme c’est facile. Vois comme nous leur sommes supérieurs. Tu as faim, je le sens »

Je fus à peine surprise de croiser son regard dans l’obscurité, si je l’avais sentie, nul doute qu’elle m’avait sentis également. Elle savait depuis le début que j’étais là.
Elle me donnait une leçon. « Je savais que tu me retrouverais. Cela fait longtemps que je t’attends. Viens »

Elle commençait d’embrasser son cou. S’il marqua un sursaut lorsqu’elle y planta ses dents, la fugace douleur fut très vite remplacée par une expression de profonde extase. La tête renversée, il offrait sa gorge en pâture, sans même se débattre une seconde ; dans un total abandon.

Je frémissais, je sentais un instinct féroce s’emparer de moi ; je ne voyais plus un homme mais une proie offerte.
Comme dans un songe je me suis retrouvée agenouillée auprès d’elle, la dévorant des yeux tandis qu’elle dînait voluptueusement.
La froideur mortifère de sa peau reculait à mesure qu’elle le vidait de sa vie. Sa peau prenait un teint de poupée de porcelaine. Elle ondulait le long du corps de sa victime, prisonnière d’un plaisir tellement intense qu’il n’envisageait pas une seule seconde qu’il était en train de mourir.
« Viens, prend le. Il y a en a bien assez pour nous deux » souffla la voix dans ma tête.

C’est à ce moment là que je repris pied. J’attendis qu’elle soit amollie par son repas ; Eirinn était resté en retrait, elle grondait sourdement derrière moi.
Je crois que c’est elle qui m’a ramené à la réalité, d’une certaine façon.

Je la vis rejeter au sol, tel une vulgaire chiffe, le corps pantelant du pauvre bougre qui lui avait servi de pitance. Pour elle, il ne valait rien. Il n’était rien, ni personne.

Une colère sourde s’est emparée de moi. Voilà donc l’être à qui je devais ma misérable survivance !
La créature repue qui se tenait devant moi ne m’inspirait que dégoût et rage.

Je jetais un regard oblique à Eirinn, qui se jeta sur le moribond et acheva le travail d’un coup de mâchoire habile.

La créature se mit à rire ; d’un rire de gorge qui se transforma en un enchaînement de hoquets incontrôlables. Elle était couchée dans l’herbe secouée d’une hilarité macabre.

« Tu ne devrais éprouver aucune pitié pour ces déchets. Nous sommes bien au dessus de tout cela. » . Elle souriait, presque angélique ; les yeux clos.

Sans réfléchir, je me jetais sur elle ; plantant dans sa chaire surannée les crocs dont elle m’avait fait cadeau. Une sorte de joie s’empara de moi.
Comme si elle savait, elle ne chercha même pas à se défendre, se contentant de m’agripper, afin d’approfondir mon étreinte.

Je sentais le fluide pénétrer ma gorge et le goût ferreux envahir ma bouche ; j’aspirais éperdument.
Un voile d’extase tomba devant mes yeux et une foule d’images vinrent m’assaillir.
Les berges du Nil ; l’odeur de l’encens empli mes narines ; une procession ; je la vis Elle plus vivante que jamais.
Les flashs devinrent plus sombres, plus oppressants ; des charniers géants emplis de femmes et d’enfants ; des champs de cadavres que la vermine recouvre.

Et enfin, tout devint noir. Je la lâchais subitement, et me redressait. Je la dévisageais, horrifiée par les assauts de ses souvenirs qui emplissaient encore mon crâne.
Je me penchais à son oreille et lui murmurais « s’arrêter juste avant le dernier battement, c’est bien cela, sinon la mort m’emportera en même temps que toi, ma chère Mère « ; je vis son visage se déformer et un masque de haine et de colère prendre la place des traits gracieux qui l’avait précédé « tu n’as pas le droit ! « Me cria-t-elle au visage.

Je lui souris et lui caressant les cheveux : » je ne suis tenue à rien en ce qui te concernes. Les créatures de ton espèce, même le Diable ne les revendique pas. Personne ne te regrettera »

Elle était là, étendue à mes pieds, se tortillant comme un vers au bout d’un hameçon.

« -tu devrais être contente de ta leçon ; je n’éprouve aucune pitié. Mais j’ai encore assez de compassion pour achever ma besogne. »

Je sortis de ma manche la longue dague en argent, en admirais un instant les précieux rubis qui l’ornent.
Je me suis placée au dessus d’elle et je l’ai regardé dans les yeux en me penchant sur elle, un genou en terre.

« - Je savais bien que cela me servirait. Je te fais l’honneur de son premier usage »

Et d’un coup sec j’empalais la dague dans la poitrine de celle qui fut ma « Mère ».
Je regardais son agonie, me délectant de sa souffrance.

« -alors quel effet cela fait-il de sentir sa vie qui s’échappe, Mère ? »

Elle gémissait, rampant sur le sol herbeux, avec l’énergie du désespoir.

« -allons, allons, petite vipère sournoise, où cherches-tu à aller ? Remarque, cela m’arrange que tu tentes de fuir, après tout n’as-tu pas fait de moi un prédateur ? Et bien ce soir, tu es la proie ! »

Je sortis d’un coup sec mon épée de son fourreau, je l’ai regardé une dernière fois avant de lui trancher la tête.


Eirinn est venue me lécher la main. Une paix immense m’habitait, et un sourire flottait sur mes lèvres.
Nous restâmes assises côte à côte, Eirinn et moi, dans une sorte de silence beat.
Les premiers rayons de l’aurore nous tirent de notre léthargie.
Sans un mot nous reprîmes notre route, traversants la forêt.
Je ne m’aperçus que très longtemps après que nous déambulions en plein soleil.
Quelque chose de ma Mère était en moi. Voilà donc le fabuleux don qu’elle avait reçut et qui à présent est le mien. »


Stavia marqua un silence. Un sourire carnassier sur le visage :

« - Pour répondre à votre question Messire, oui. Oui, j’ai trouvé ce que je cherchais ; et bien plus encore. A présent que je n’ai plus besoin d’une âme pour voir le soleil, je n’aurais plus à choisir entre ténèbres et lumière pour voir une aube se lever.
Je me demande à quoi ressemble une chasse à midi …..Peut-être vous plairait-il de m’en faire l’honneur ?
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 Message Posté le: 03 Sep 2005 10:09    Sujet du message:
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Carnet de route : Septembre de l’an de Grâce 2062 :


Myers est reparti hier. Eirinn et moi avons repris le chemin qui mène à l’Abbaye, le bon père doit attendre de mes nouvelles.
Et au vu de l’état dans lequel je l’ai laissé, il vaudrait mieux que je m’assure qu’il va bien.
Ma douce compagne d’infortune n’a pas semblé vouloir reprendre sa liberté, et j’en suis bien heureuse, il me semble que nous voyageons depuis une éternité ensemble.


Carnet de route : Septembre de l’an de grâce 2062 :

Nous approchons des abords de l’Abbaye. Ne passerons la nuit sur la plage, en espérant nous y trouver seules. Savourer un peu de solitude en toute quiétude, cela ne sera plus vraiment possible prochainement.

Carnet de route : Septembre de l’an de grâce 2062 :

Les portes de l’Abbaye me sont restées closes. Le frère concierge m’a informé que le bon Père avait perdu l’esprit peu de temps après mon départ.
Je l’avais pourtant prévenu des tourments qui l’attendaient ; il n’a rien voulu savoir, préférant une vie prolongée pour prendre soin de ses ouailles plutôt que la promesse vertueuse d’une éternité auprès des anges de son Seigneur.
Le pauvre homme passera son éternité aux prises avec les enfers de sa nouvelle nature.
Je ne peux rien pour lui. Si seulement je pouvais me résoudre à abréger ses souffrances….


Carnet de route : Septembre de l’an de grâce 2062 :

Le bon Père s’est éteint dans la nuit. Délivré de ses souffrances par une fièvre aussi incompréhensible que foudroyante. Il a été inhumé dans la plus grande discrétion immédiatement après.
Le Frère cuisinier m’attendait derrière la chapelle. Sans un mot nous avons fait ce qui devait l’être. Paix à son âme, en espérant que ce Dieu en lequel il croyait si fort lui pardonne ses erreurs.


Carnet de route : Septembre de l’an de grâce 2062 :

La navette arrivera au petit matin. Nous savourons notre dernière nuit sur cette plage.
Rien ne dit que nous reviendrons un jour sur ces terres.
J’emmène Eirinn avec moi.
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 Message Posté le: 04 Sep 2005 10:20    Sujet du message:
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RETOURS
Premiere partie :

La nuit était descendue depuis peu, lorsque la porte de la salle de réception s’ouvrit à la volée.
Les voix se turent et les têtes se tournèrent.
Elle se tenait debout sur le seuil, arborant un sourire calme. Tous les convives étaient figés, comme suspendus.
Elle s’avança, flottant presque au dessus des dalles ; arrivant près d’un siège, elle s’y laissa choir souplement.

Pas un mot ne se fit entendre. Un silence étrange pesait sur l’assistance ; et elle continuait de sourire. Dégrafant sa cape afin de s’en dégager, sans les lâcher du regard :

« -Ne vous interrompez pas pour moi ; j’ai dîné en route. J’ai rapporté quelques souvenirs de mon voyage. C’est de coutume, il me semble. Messire Trajan, j’ai cru qu’il vous plairait d’avoir de nouvelles lectures. »

Elle se tourne vers un serviteur et lui fait signe d’approcher. Il entre prestement, tirant derrière lui un coffre .Le déposant près du siège de Stavia, il se recule, un peu plus loin qu’il ne sied d’ordinaire.
Elle fait mine de ne pas noter et se penche pour l’ouvrir ; elle en extirpe trois livres anciens, relié à la main par du gros fil, enfermés dans des pochettes de cuir ; et les tend à Trajan.

Il s’avance, se saisi des ouvrages et lui sourit en retours.

« -Merci. »

« - Qu’ai-je encore dans cette petite caverne aux trésors ? Ah ! Oui ! Le voici ! Dame Galadrie, j’ai ceci pour vous. »

Elle attrape et déplie une étoffe d’une rare finesse, des ailes de papillons soyeuses.

« -Je suis sure que cela vous ira à merveille. »

« Dame Kalisto, mon amie, votre cadeau est dans les écuries, je n’ai pas osé l’emmener jusqu’ici, déjà que mon entrée était fort cavalière, il n’était pas nécessaire de pénétrer dans ce salon à cheval, vous en conviendrez ? »

Elle souriait, et l’on voyait qu’elle riait en silence. Elle prenait plaisir à faire ses présents.

« -De fait, il y a encore mille merveille dans ce coffre, j’ai pensé à chacun d’entre vous durant ce voyage. Je suis heureuse d’être rentrée ce soir. «

Le serviteur dansait d’un pied sur l’autre, ne sachant que faire, puis au bout d’un moment se décide à parler :

« -Excusez –moi, Sensei ?

« - Oui ?

« -Dois-je apporter, également, les trois autres paquets qui sont dans le vestibule ? »

« Ah ! Oui, c’est vrai ….les 3 autres. Non, ne les apportez pas ; je les remettrais moi –même à qui de droit. Sauf le troisième, celui là m’appartient ; le plus petit. Montez-le dans mes appartements, et faites très attention à ne pas le faire tomber ; il m’est très précieux. Et si votre main tremble, dites vous qu’il en va de votre vie, ça calmera vos nerfs ; j’en suis convaincue. »

Les invités se levèrent en silence, et quittèrent la pièce. Seul le Haut conseil ypsien était resté présent dans la salle avec elle.
Ils s’assirent dans les sièges près de Stavia. Kalisto pris la parole.

« - Votre voyage s’est-il bien passé ? Demain, nous parlerons des choses sérieuses. Ce soir, savourons le plaisir d’être ensemble. Pour ma part, je boirais bien un Muscat, et vous ma chère, un bloody mary je suppose ? »

Ils éclatèrent tous de rire en même temps. Tout se mélangeait ; le plaisir d’être ensemble, la tension qui avait suivie cette entrée singulière, les questions qui mourraient d’envie d’être prononcées.....
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 Message Posté le: 24 Sep 2005 14:29    Sujet du message:
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La lune était haute et pleine. Une nuit claire, à y voir comme en plein jour ; l’idéal pour une partie de chasse.









La faim était là, furieuse, impérieuse, annihilant tout autre sentiment. Rien que l’appel sourd et tenace d’un appétit dévorant.
Il fallait sortir, répondre le plus vite possible, pour ne pas devenir fou.
La folie …cette petite chose ténue qui rampe insidieusement dans le flot de ses veines, qui s’infiltre dans chaque recoin de son corps, attendant le moment propice pour frapper son esprit, et faire d’elle un monstre sanguinaire que seul l’appel du sang anime.

Lutter à peine, juste ce qu’il faut pour ne pas sombre définitivement dans ce gouffre sans retours.


Elle rassemble à la va vite les vêtements épars sur le sol de son caveau. Attrape au vol sa cape et le poignard en argent posé sur son bureau.
La fenêtre est ouverte sur le jardin, déversant par flots argentés le halo de la lune.
L’air est frais, calme, reposé, ce silence sépulcral invite irrémédiablement.
Eirinn est couchée dans un coin, regardant d’un œil intéressé les vas et viens de sa maîtresse.

« - Il faut que je sorte ! Je n’y tiens plus ! Je vais devenir folle à tourner en rond comme ça et a me repaître de poche chaque soir ! Elles ont toutes le même goût insipide.
Ah ! Eirinn, ma mignonne, j’aimerais retrouver l’ivresse de nos chasses sur l’ancien monde …sentir encore le souffle du vent dans mes cheveux , parcourir à en perdre haleine les immenses plaines boisées , respirer l’air iodé et chargé d’effluves marines .

Je m’ennuis à mourir entre ces quatre murs. »


Elle fait une dernière fois le tour de la pièce, vérifiant qu’elle n’a rien oublié.
Se tapant sur la cuisse, elle invite sa compagne à se joindre à sa sortie nocturne.

La louve se lève, et la rejoint presque en courrant, frétillante elle aussi à l’idée de cette promenade. Ce n’est pas qu’elle dépérie depuis qu’elle est arrivée ici, mais on voit bien que l’appel de la nature lui manque. A chaque fois qu’elle regarde derrière la baie vitrée, son regard se voile imperceptiblement.

Stavia se penche et caresse la tête veloutée de l’animal.

« -Toi aussi ça te manque hein ? Allons ma belle, ce soir c’est la fête, allons courir à en tomber ivre de bonheur, toi et moi ne sommes pas faites pour vivre en cage.
Et tant pis si demain il me faut expliquer quoi que ce soit. Que veux-tu, c’est dans notre nature. Prédatrices nous sommes, autant l’accepter pleinement.

La voix des ténèbres était forte, envoûtante, comme un vin doux parcourant ses veines avides.

« -Où aller ma douce ? Tu as une idée toi ? »

La réponse ne se fit pas attendre, comme un écho raisonnant dans sa tête, elle entendait les pensées d’Eirinn qui se bousculaient.
« Faim », « liberté », « chasse », « proies », « Hesperus, nombreux volontaires «.
Comme des images défilant sur l’écran noir de sa conscience.


« -Oui, tu as raison, nombreux sont les volontaires à la vie éternelle sur Hesperus. Notre armée a besoin de renforcer ses rangs avant d’envisager une prochaine campagne.
Mais ce soir, je n’ai pas envie d’assouvir le fantasme de pauvres âmes égarées en mal de sensations fortes. J’ai envie de chasser. »

Une lueur inquiétante brillait dans ses yeux, et ses canines à présent fort proéminantes, témoignaient de son féroce désire.

« -Nous prendrons le croiseur, et nous irons faire notre battue loin de ce monde, car la proie qui tombera dans nos bras, ne survivra pas. Pas la peine de semer des cadavres dans nos bois, ça fait désordre. «


En silence, elles empruntent le couloir menant aux hangars ; l’une survolant pratiquement le sol, et l’autre marchant à pas de loup sur le carrelage.

Hangar 41, le croiseur du commandeur des armées de la GCA. Elle fait le tour du l’engin, s’assurant qu’il est en état d’effectuer un vol.
Elle actionne la commande d’ouverture du sasse, qui cède dans un doux chuintement.
Eirinn entre la première, flairant de gauche et de droite effectuant ainsi sa ronde sécuritaire.
Elle se retourne vers sa maîtresse et d’un regard calme l’invite à monter à bord.

« - Tu es plus efficace qu’une escorte et plus fiable que n’importe quel détecteur, même le plus sophistiqué. Mais ne répète pas cela à Triax, il en prendrait ombrage, il est si fier de ses créations technologiques. Il faut reconnaître que sa dernière trouvaille pour alléger les commandos, était sacrement bien ficelé. Ils sont plus rapides. »

Elle s’assoie aux commandes du croiseur, Eirinn montant sur le siège du copilote.
Elle active les réacteurs et entame la sortie de l’appareil sur la piste d’envole .Il s’engage sur la piste 4, celle réservée aux engins privés.

« - L’Hesperus à tour de contrôle, demande autorisation de décoller. »

« -Tour de contrôle à Hesperus, demande itinéraire de vol avant autorisation. »

Elle regarde Eirinn, avec un léger agacement :

« - ça m’apprendra à les choisir rigoureux, tiens ! «
« -Hesperus à tour de contrôle, itinéraire de vol inconnu, demande autorisation de décoller ! »

« -Désolé Hesperus, décollage refusé tant que nous n’aurons pas votre plan de vol «

« - Bon ! Ici le commandeur Stavia, je vous demande de me dégager la piste d’envole 4 immédiatement ! Où je serais contrainte de décoller malgré la présence de vos hommes sur le tarmac ! Et éclairez-moi cette foutue piste si vous ne voulez pas me retrouver plantée dans votre bureau ! »

Un silence pesant s’installe dans le cocpit, la faim et le désir de sang la tenaille de plus en plus, la mettant au comble de l’impatience.

« - Dégagez vos hommes de là ! Je vous donnerais mon itinéraire lorsque je saurais où je vais ! »

« -Mais Commandeur, les ordres sont … »

« -Je connais les ordres sergent ! Je vous rappelle à titre d’information que je suis votre supérieur, et je vous donne l’ordre de me dégager cette satanée piste sur le champ!Je ne suis pas d’humeur à tergiverser avec vous ! A moins que vous ne soyez volontaire pour me servir de repas ! «

« - Euh…à vos ordres Commandeurs ! »

Elle lâche l’intercom, et s’enfonce dans le siége. Caressant la fourrure d’Eirinn, le contact soyeux ayant l’art de lui calmer les nerfs.

« -Ils finiront par me rendre chèvre ! »

La piste enfin libre, elle engage l’Hesperus sur sa voix de départ, accélérant progressivement jusqu’à prendre la vitesse requise pour le décollage et prend enfin son envole.
Il traverse la couche atmosphérique et entre dans l’espace inter-galactique.

D’une main désinvolte, elle enclenche le pilotage automatique jusqu’aux limites de leur espace aérien.

« - A présent, regardons un peu nos cartes, et voyons où cette petite virée nocturne va nous conduire. Après tout, nous ne sommes pas pressées de rentrer, les affaires courantes sont à jour, pas de soucis majeurs à résoudre dans l’heure. Octroyons-nous un petit voyage gastronomique. «

Elle compulse les données sur les différents mondes répertoriés, afin de choisir avec minutie celui qui sera son terrain de jeu du moment.
Son attention se porta sur une petite planète où subsistaient encore quelques poches de résistants.

« -Humm….pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups ? La situation politique sur Askalon est tendue depuis trop longtemps. Ce sera l’occasion de montrer à ces vandales qu’on ne s’en prend pas impunément à mon peuple. Il y a trop longtemps que je n’ai fait le tour de nos colonies. Je vais informer cette bleusaille de sergent, avant qu’il ne me réveille tout le monde ! »

Elle ouvre la communication avec la tour de contrôle :

« -Hesperus à tour de contrôle. Je vous fais parvenir mon itinéraire de route. Je pense être absente plus longtemps que prévus. Informez notre Muse Kalisto de mon départ, mais ne la réveillez pas pour cela. Je lui ferais parvenir un rapport dés que j’aurais pu obtenir un compte-rendu de la situation sur Askalon, et je ne reviendrais que lorsque tout cela sera rentré dans l’ordre. Terminé. «

« -Bien Hesperus, itinéraire enregistré. Bon vol et bon voyage. Terminé ».







Elle entre les coordonnées d’Askalon dans l’ordinateur de bord et branche le pilote automatique.

« -Ma belle, dans quelques heures nous serons à destination, et je compte bien nous en payer une tranche avant de passer aux choses sérieuses. Je travaille mal l’estomac vide. »

Elle se lève et traverse la cabine des passagers, ouvre un petit frigo situé dans les parties réservées aux personnels de ligne, et en sort une poche.
Elle attrape une coupe dans l’étagère et y verse le liquide vermillon.

Levant le cristal à hauteur de la lumière tamisée, elle admire les reflets changeants et chauds de son breuvage.

« -Magnifique, vraiment. »

Elle le pose sur la table centrale de la cabine et retourne au frigo chercher un petit encas pour sa compagne.

« -Tiens ma jolie, dînons de concert, et apprécions à leurs justes valeurs ses petits amuse-bouche, disons que cela nous servira d’entrée en attendant le plat principal. »
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Akasha



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 Message Posté le: 27 Sep 2005 12:20    Sujet du message:
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Citadelle des Ombres, quelque part sur Askalon.

Le vent hurlait depuis des jours à present, s'infiltrant partout , entrant par chaque interstice de la vieille citadelle.
Des lambeaux de rideaux , accrochés aux fenêtres sans vitres, se balançaient au gré des assaults orageux.
Le soleil semblait ne jamais vouloir se lever, un residu de nuit persistait depuis le debut de la tempête.

Dans les catacombes , les services de surveillance ne desseraient pas les dents , les resistants profitaient toujours des turpitudes climatiques pour saboter les installations ; privant ainsi une bonne partie des terres reculées des approvisionnements necessaires à la survie des habitants.

Un message automatique les avait avertis de l'arrivée imminante de Stavia sur Askalon, et si les choses ne rentraient pas tres vite dans l'ordre, l'Hesperus se trouverait en difficulté lors de son atterrissage.

Sans parler de la colere de cette derniere lorsqu'elle constaterait que les choses allaient de mal en pire sur cette colonie.

Lors de la victoire des armées de la GCA, les troupes restées en faction pour le maintient du nouvelle ordre , fortes de leur victoire sur les hordes devastatrices , s'etaient endormies ; laissant à la derive et à l'auto-gestion individuelle cette contrée .

On en payait à present le prix fort . Les poches recalcitrantes avaient peu à peu repris le dessus dans les secteurs les plus eloignés; terrifiants, pillants , devastants tout sur leurs passages.
Les campagnes de repressions calmaient quelques temps leurs exactions, mais cela ne suffisait pas à maintenir le climat de securité.

Et voilà que le Commandeur etait en approche . Il ne faisait aucun doute qu'elle n'hesiterait pas à employer les grands moyens pour restaurer la paix , même si cela devait couter le vie à de nombreux militaires et civiles.

Certains gradés, soudoyés par les renegats, avaient , en echange de quelques faveurs , acceptés de fermer les yeux sur les attentats survenus.Mis aux arrets et detenus dans les geoles , ils attendaient de passer en jugement devant la cours martiale.
Mais la presence de leur chef , devrait largement accelerer le processus administratif, voir litteralement le rendre obsolet.

S'il y avait bien une chose qui etait à redouter plus que les violences actuelles, c'etait sans nul doute les represailles de Stavia .

Mirena etait arrivée aux commandes de la corporation Deprofundis , reprenant les rênes laissées vacantes par la mort d'Akasha, avec pour mission de remettre de l'ordre sur Askalon. Mais cela avait été peine perdue.
Elle tournait en rond , repetant les mots qu'elle dirait à son Commandeur lorsqu'elle serait là, esperant qu'ils suffiraient à sauver sa tête .
Apres tout, elle n'avait pas menagé sa peine depuis qu'elle etait entrée dans ses nouvelles fonctions.

Elle etait donc là, le coeur dans les talons, serrant les dents et les poings, prete à affronter le regard de Stavia lorsque l'un des sergents l'avertie que l'Hesperus etait en attente d'autorisation pour se poser.

"- Eclairez la piste Alpha , vite ! Et envoyez immediatement un vehicule acceuillir notre Commandeur ! "

"- A vos ordres!"

La salle, jusque là silencieuse, se mis à grouiller . La tension etait montée d'un cran et tous etaient au bord de l'explosion. La même peur se lisait sur chacun des visages , se disputant la place avec un certain soulagement. A present qu'elle etait là, les choses allaient changées.

Elle se tourne vers le caporale et l'interpelle :

" - dans combien de temps sera-t-elle là ?"

"- dans approximativement 30 minutes mon general !"

"-30 minutes...par Hesperus , c'est court et long à la fois . Que tous les hommes se tiennent prets à acceuillir le Commandeur !"

"-bien mon general !"

Le caporal actionne les hauts parleurs :

" - Que tous les hommes presents se tiennent prets "

Mirena sort de la piece d'un pas rapide et se dirige vers le Hall principal .Les idées defilent à toute vitesse dans son esprit . Une sueur froide lui parcourt le dos . Elle enfile les couloirs, dedales de pierres froides et sombres, et parvient à destination.

Les hommes sont alignés, au garde à vous , un silence de mort flottant dans l'air.
L'attente semble interminable , quand soudain la porte s'ouvre sur Stavia.

Sans un regard autours d'elle, elle avance droit sur son general . Le ton glacé de sa voix donne la note.

"-Je ne vous dirais pas que je suis ravie de vous revoir , general , l'etat d'Askalon parle de lui même . On se passera des preambules et autres simagrées , allons dans votre bureau , nous avons à parler."

"- Je vous suis Commandeur ".
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 Message Posté le: 27 Sep 2005 12:51    Sujet du message:
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Sans un mot, elles entrent dans la bureau de Mirena. Spartiate et vetuste , qu'une seule meurtriere eclaire d'un rayon pale.

Stavia s'assoie sur la chaise attenante , inspire profondement , puis d'un ton redevenu plus calme s'adresse à son general.

"-bon....J'ai eu tout le temps necessaire pour parcourir tes rapports et jamais tu n'as laissé entendre que la situation t'echappait à ce point !
Tu aurais dû me prevenir bien plus tôt. Les renegats ont eu le temps d'elargir leur champ d'action et de se renforcer chaque jour davantage!
Ton mutisme risque de nous couter tres cher !"

"-je suis vraiment desolée...j'ai bien essayé d'endiguer le probleme, je ne voulais pas te deranger inutilement et..."

Stavia se léve d'un bond, et frappe violement sur le bureau , faisant tomber la lampe sur les dalles . Tout calme ayant deserté ses traits.

"- Inutilement! Inutilement! Nous deplorons la perte de plusieurs millier de civiles innocents et toi , tu ne voulais pas me deranger inutilement!
Mais pendant que tu penses, eux agissent ! Es-tu donc aveugle au point de ne pas avoir vu l'ampleur des degats ?
Que ce serait-il passé si je n'avais eu l'envie subite de me degourdire un peu les jambes ? Combien de temps comptais-tu encore attendre avant de m'informer de la sittuation ?"

"-Mais , Stavia ..."

"- Il n' y a pas de Stavia qui tienne ! tu as peché par orgeuil et voilà où cela nous a mené! Il aurait été nettement plus intelligent de nous avertire!
Je te rappelles que nous sommes venus jusqu'ici pour liberer ces gens , et toi tu les regardes se faire massacrer en nombre ! "

"-nous avons bien essayé..."

"-Essayés! Oh oui ! je vois ça ! Vous avez tellement bien essayé que cette planete est à present à feu et à sang ! Mais ils ne perdent rien pour attendre ! Rassemble l'ensemble de la garnison, passe en revue toutes les troupes disponibles. Je veux un inventaire de tout ce dont nous disposons en armes, munitions , vehicules, carburant, tout ! Que tes services de renseignements me fassent un rapports precis sur les zones d'actions des renegats! et je veux tout cela pour hier !"

"- A tes ordres!"

Rouge et penaude, Mirena sort de la piece, laissant stavia seule avec sa colere; bien trop contente d'être encore en vie . Mais au moment de refermer la porte derriere elle , la voix de son commandeur se fait entendre.

"-et previens tes prisonniers que je vais leur rendre une petite visite."

Elle se met à arpenter la piece de long en large, tel un fauve en cage.
Eirinn s'etait posée dans un recoin, eloignement volontaire , attendant que l'orage se calme un peu ; non pas qu'elle redoute les coleres de sa maitresse, mais la sagesse recommande de ne pas trop s'approcher dans ces cas là .
Elle la regarde donc, deambuler , jusqu'au moment où elle estime qu'il est temps de sortir de sa "cachette". Doucement, sans un bruit, elle vient se coller contre sa jambe, levant ses yeux profonds vers celle qui à present, representait sa meute.

Stavia sent la douce pression d'Eirinn contre elle , et se penche machinalement, vers sa douce compagne . S'assied devant elle et lui saisi delicatement la gueule entre ses mains , noyant son regard dans le sien.D'une voix douce mais blanche , elle lui parle, comme on le fait à une confidente loyale.

-" te rends-tu compte ma belle où ma gentillesse passée a conduit ce peuple ? Mais il est loin le temps où je croyais encore que la bonté l'emportait toujours sur les vilainies. Ces chiens pillent, tuent, violent, egorgent , incendient . Ils sont pires que des bêtes ! Nous etions venues pour chasser, n'est-ce pas ? "

un sourir carnacier eclaire son visage bleme et la flamme qui vascille dans ses yeux ne presage rien de bon.

"- S'ils croient savoir ce que le mot terreur signifie, ils ne sont pas au bout de leur surprise. On va leur apprendre qui est la maitre ici . Une battue ! "

elle se releve doucement, et se dirige vers la meurtriere.

" - Nous voulions une partie de chasse, et nous tombons sur une battue , nous sommes benies . Nous allons entreprendre un nettoyage par le vide; aucun de ces apprentis depostes n'en sortira vivant ! Mais avant toute chose , allons rendre visite à nos prisonniers, histoire de montrer quel sort nous reservons aux traitres ."

Elles sortent du bureau , marchant côte à côte dans les couloirs de la citadelle .
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 Message Posté le: 16 Oct 2005 19:08    Sujet du message:
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L'odeur fetide et pestilencielle des geoles lui piqua le nez, fronçant les narines en signe de degout , elle entre dans la cellule des traitres.

"-je ne me ferais jamais à l'odeur de la traitrise. Rien ne me degoute plus que cela ."

Elle saisit une poignée de cheveux sur l'un des prisonniers et lui releve brutalement la tête .

"- Une autre que moi vous cracherait au visage , mais j'ai bien trop de respect pour ma salive pour en gratifier votre face ."

Se pechant à son oreille , elle lui murmure tout bas :

"- dites moi , l'ami, est-ce que vous croyez en quelque chose ?"

elle decoche un sourire carnacier à son interlocuteur :

"- c'est le moment de prier "

D'un geste rapide, ses dents s'enfoncent dans la chaire tendre du cou et un bruit etrange de suscion emplie la piéce.
Les gardes restés à l'entrée, detournent le regard , parcourut d'un frisson glacé dans le dos .

L'odeur de la peur mêlée à celle , metalique, de sang agit comme un vin capiteux et lui fait tournée la tête d'une ivresse douçâtre.

Il est là, pantin de chiffon, sentant sa vie le quitter à mesure qu'elle l'avale et même si son esprit l'exorte à se debattre, son corps se refuse à lui obeir. un bourdonnement macabre emplie son crane , l'air lui manque, la fin est proche .
Resigné , terrifié, il sait qu'il ne lui reste plus qu'un instant à vivre, et comme un songe, une voix penetre les brumes de son cerveau et resonne dans sa tête.
"parle, avoue tout et je t'offrirais le choix que je n'ai pas eu . "

Il sursaute et ouvre les yeux . Elle a cessé son entreprise et le fixe intensement . Dans l'obscurité du cachot ses yeux brillent tel des feux ardents tout droit sortis de l'enfer.

"- Je t'ecoute " .

Sa voix etrange , roque , semble envahir tout l'espace . Il se sent comme en transe , ses yeux le fixent et il n'arrive pas à s'y soustraire; irremediablement encrés aux siens .

"- je ne te poserais la question qu'une fois , alors ecoute moi bien pauvre vermine , je t'offres la possibilité de vivre en echange de toutes les informations en votre possession. Mais peut-être qu'il vous serait utile de voir ce que je vous reserverais si vous n'etiez pas cooperatif. Votre petit camarade fera fort bien l'affaire pour la demonstration ."

Elle le lache et se dirige vers le second prisonnier. Pale, les yeux exorbités il la voit approcher lentement , sadiquement , un sourire affamé sur les levres.

D'un regard paniqué il se tourne vers son voisin, l'implorant en une priere muette .

L'autre, pentelant au bout de ses chaines, balotte la tête de droite et de gauche , emettant un râle à chaque expiration.

"- je veux vivre ..."

un murmure plus qu'une parole . Elle revient vers lui, se penche de côté .

"- qu'ai-je entendu ?"

le moribond repete à nouveau, un peu plus fort .

"- je veux vivre "

"-sage decision mon garçon , j'ecoute"

Il ouvre la bouche , s'apprete à parler, lorsque la porte du cachot s'ouvre à la volée. Mirena entre precipitement , un dossier à la main.

"- Commandeur , je viens de recevoir un rapport qui devrait vous interresser!"

"-Ah! Mirena, tres chere, ne voyez-vous pas que je suis en pleine interrogatoire ? Vous savez que j'ai horreur d'être derangée lorsque je m'amuse et encore moins lorsque je m'apprete à recevoir une confession.Je suis sure que cela peut attendre 5 minutes qu'il est fini de soulager sa conscience , pour son âme ...."

"- Pardonnez mon insistance, mais je crois que ceci ne peut attendre ."

Mirena lui tend le dossier avec insistance .Stavia s'en saisi d'un geste sec et rapide . D'un oeil torve elle le parcourt rapidement .

"-Mais qu'est-ce que ...!Toi !"

Elle lance un regard de pur colére en direction du prisonnier exangue .

" toi ! Comment as-tu osé ! Tu viens de signer ton arret de mort , chien que tu es ! Emmenez-le dans la cours exterieur , je veux qu'ils voient tous !

Mirena ! Dis au commandant de l'armée rebelle que je le reçois dans mon bureau ! Et taches de rester avec lui le temps que je termine cela "

Les gardes trainent le prisonnier en le maintenant sous les bras .

"-l'autre aussi ! Emmenez-les tous les deux ! Dites au bourreau de preparer son jouet fetiche . Messieurs vous venez de gagner un tour de manege ! "

Le plus jeune des deux se met à hurler de terreur , se debattant, donnant des coups de pieds et ruant de toutes ses forces .

"-Pitié! je vous en pries pitié! Pas cela ! "

Au moment où il passe à sa portée, elle le saisit à la gorge et le souleve du sol à bout de bras .

"-Tu oses implorer ma pitié! " Ses doigts se resserrent encore davantage autour du cou.

"-parceque tu en as eu toi de la pitié pour mon peuple ! Mais va, je vais être bonne avec toi, qu'on le brule vivant avec de la tourbe , je veux que le feu soit lent , qu'il prenne son temps . Comme ça tu auras le temps d'implorer la pitié d'un Dieu ,plutot que la mienne . quand à l'autre, un tour de manege devrait venir à bout de cette racaille"

Elle se detourne d'eux et se dirige vers son bureau avec une scelerité revelatrice de son humeur , apres avoir relaché la gorge qui lui encombrait la main.
Eirinn court presque derriere elle , de son pas feutré sur la dalle des couloirs.

La porte du bureau s'ouvre à son approche , Mirena, l'oreille toujours aussi fine avait dû reconnaitre le bruissement de sa cape sur le sol et le cliqueti à peine audible des pattes de la louve.

"- Il n'est pas encore arrivé . En fait, il ne viendra pas. Il souhaite vous rencontrer en terrain neutre afin de parlementer . Il craint qu'en entrant ici on ne le laisse jamais ressortir ."

Elles entrent tout à fait dans la piece. Refermant la porte derriere elles, Mirena attend la replique de son commandeur . Au dehors , des hurlements d'hommes se font entendre , attestant que la sanction etait appliquée à la lettre.

Stavia se poste devant la fenêtre, les mains croisées dans le dos , et semble plonger dans la contemplation de la scene qui se deroule devant ses yeux. C'est le regard emplie d'une joie macabre qu'elle s'adresse à Mirena.

"- Tres bien , dis lui que je viendrais . Nous trouverons un accord , une fois cela reglé , rassemble les hommes et le materiel , nous n'avons plus rien à faire ici . Toi, par contre, je n'en ai pas fini avec toi ."

Mirena se precipite aux pieds de son commandeur et lui saisi les mains dans une attitude de devotion.

"- S'il te plait, laisse moi encore une chance de te demontrer ma loyauté envers toi , je ne te decevrais pas ."

Stavia retire sa main sechement et repond d'une voix alourdie par la colere .

"- Je sais que tu m'es loyale. C'est moi qui ai commis l'erreur de te confier une telle mission, tu n'etais visiblement pas de taille à gerer ce probleme. Alors je vais t'offrir l'oportunité de racheter ton echec. "

"-oui, je ferais ce que tu me demanderas ."

"-à n'importe quel prix ? en es-tu sûre ?"

"-oui quelqu'en soit le prix , je l'accepterais."

"-Releve-toi , Mirena. "

Stavia se met à caresser doucement le visage , les cheveux de la jeune femme qui se tient devant . D'un ton presque appaisant et maternelle , elle lui parle doucement .

"-Ma chere, ma tres chere Mirena . Si douce, si pur, si delicate. Chut, tout va bien , je suis là . "

Elle la prend dans ses bras et la berce comme on cajole un enfant, en se balançant tendrement .

"- tu verras, tout va bien se passer. Je vais t'aider à reveler la guerriere qui sommeille en toi, laisse là sortir et se manifester. "

Elle lui souleve le menton et la regarde dans les yeux.

" tu sais ce que je vais faire, n'est-ce pas ?"

"-Oui, je le sais "

"-Tu sais que c'est le prix à payer pour racheter ta faute, n'est-ce pas ?"

"- oui, je le sais"

"- bien ."

Et sans lui laisser le temps de la reflexion, lui renverse la tête en arriere et enfouie son visage dans le cou odorant et chaud.
Il lui faut à peine 5 minutes pour faire les 3/4 de son office , la gorge nouée elle se redresse legerement , serrant toujours le mince corp entre ses bras .

"-je ne te le demanderais qu'une fois Mirena, tu as le choix de vivre ou mourir , que choisis-tu ? "

"-Je veux demeurer à tes côtés", le souffle lent et frais de Mirena lui parvient aux oreilles tel la brise legére d'un matin de printemps.

"-qu'il en soit ainsi alors " Elle mord son propre poignet et laisse couler un mince filet de sang dans la bouche offerte .

"- laisse-toi aller, n'ais pas peur. Je suis là , tu vas mourir , ton corp va mourir et tu vas renaitre forte d'une vigueur nouvelle . Tu sents ton coeur qui s'apprete à rendre les armes ? Oh, je me souviens de ma mort ..."

Elle continue de la tenir dans ses bras, lui parlant doucement à l'oreille , attendant que le miracle opére.

"-là, là ...tu vois , tout se passe tres bien . Ne resistes pas ."

Mirena , la bouche entre-ouverte plonge un regard vide dans le regard de stavia , un residus d'etincelle de vie mêlé de peur au fond des prunelles.
Un soupir, puis un autre et le corp se relache , mort .

L'instant d'apres, une vie nouvelle réanime la poupée abandonnée, insufflant sa force dans chaque fibre . Elle cligne des paupieres et reviens des tenebres sur un sourir de son commandeur.

"-Tres bien , lentement. Mais ecoute moi petite Mirena, je viens de te faire un precieux cadeau dont tu ne feras usage que pour mieux me servire. Je t'offres une nouvelle vie et une autre chance de me montrer que je n'ai pas eu tort . La prochaine fois que tu me decevras, je ne serais pas aussi magnanime envers toi . "

Elle remet la jeune fille sur ses jambes, s'assure qu'elle tient debout .

"- Tu vas rencontrer ce general et regler cette affaire, et ainsi finir le travail que je t'avais confié. Ensuite tu repartiras pour une autre mission , sur une autre planete et taches cette fois-ci de faire en sorte que je ne me deplace pas pour arranger tes erreurs.Va et ne me deçois pas!"

Elle tape sur sa cuisse, appelant Eirinn a la rejoindre et s'en va sans se retourner.
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 Message Posté le: 20 Oct 2005 8:07    Sujet du message:
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Les yeux grands ouverts sur les tenebres, elle fixait le mur en face d'elle sans le voir .
De toutes les visions qu'il lui arrivait d'avoir , celle là fût la plus terrifiante .

L'enfant etait mort ...emportant avec lui tous les espoirs de redemption ...Une colére muette et brulante lui devorait le coeur , morceau par morceau .
L'enfer avait deversé son flot de haine sur cet univers et emporté avec lui la vie de cette innocente creature .

Les liens mystiques qui ratachent les creatures obscures s'etiolaient inexorablement et dans les profondeurs de la nuit , elle percevait, faiblement, les echos d'un coeur qui bat à tout rompre .

Panique, colére, peur , haine , chagrin , solitude...tous s'enchainaient , s'entre-melaient les uns aux autres , formant une boule oppressant sa poitrine.

Elle se léve d'un bond et court à sa fenêtre , frappant les vitres de ses poings , un cri lui dechira la gorge :

"-DONA !!!!!!!"

Elle hurla pendant de longue minutes avant de s'ecrouler sur le tapis de sa chambre , la tête entre ses mains.
Et pour la premiere fois depuis ...depuis ....elle ne se souvenait plus depuis quand cela ne lui etait pas arrivé...elle se mit à pleurer .

D'abord lentement , doucement, les larmes coulérent le long de son visage et de son cou , avant que le flot n'enfle et se transforme en une succesion de sanglots .

Couchée sur le sol , en une boule de detresse , les spasmes se calmerent et puis le refus lui frappa la conscience .

"NON! cela ne se peut pas ! Dona , mon amie, où que tu sois , je te retrouverais !"

Elle se léve , s'habille en silence , se dirige comme un automate vers son bureau .
Le silence crepite à ses oreilles , d'une main tremblante elle allume l'ecran de son ordinateur . Passe en revus l'inventaire de ses effectifs .
Apres avoir tout compulsé, elle appelle son general .

"-General ! Informez les troupes que nous partirons bientot !

"- Mais sensei, nous venons à peine de rentrer !

"- Il ne me semble pas vous avoir demander votre avis sur la question! Mais si vous desirez des vacances , je peux arranger ça !

"- Bien sensei, à vos ordres ."

Elle coupe la communication , reste un moment silencieuse dans le noir . Et puis le choc de l'evidence , la decision etait prise.

"-Même si je dois parcourir tous les recoins de cette galaxie et bien plus encore, je te retrouverais .Chaque planete qui se trouvera sur mon chemin sera inspectée de fond en comble."

Elle actionne de nouveau l'intercom:

"-General! envoyez immediatement un croiseur du côté de la planete Envaboxuv!

"- Et que doit-on y faire Sensei ?

"-Cherchez ! Et trouvez Dona Bella ! Qu'ils me fassent un rapport toutes les heures ! Et la ramenent saine et sauve ! Et je leurs conseille de ne pas rentrer bredouille !"

"-Comme vous voudrez Sensei."

A nouveau seule dans le silence de son caveau , la colere et la haine vissés au ventre , elle se parle à elle même , comme une demante.

"-les chiens! Vermine grouillante ! Ils ont osés porter la main sur elle !Ils le paieront de leur vie , je le jures ! Par Hesperus, je les exterminerais jusqu'au dernier !Dona, mon amie...
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bransheeblue
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 Message Posté le: 21 Oct 2005 7:27    Sujet du message:
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Transmission: Compte-rendu de patrouille
Expediteur: capitaine Brekels

" Avons retrouvés Dona Belle à bord d'un navire cargot.stop. Besoin 10 millions de credits pour dedommagement.stop. Faisons route vers Hesperus.Stop.Serons là prochainement.Stop. Elle va bien.stop. "

Transmission: A l'attention de Brekels
Expediteur: Stavia Sensei.

"10illions à disposition.Stop.Attendons numeros de compte pour virement.Stop. Rentrez sans detours.Stop.Passez en mode furtif.Stop.Defcon 1.Stop."

Le message tournait en boucle sur l'ecran de son ordinateur de contrôle. Enfoncée dans son fauteuil , elle le regardait encore et encore .
Efficace ce Brekels, se dit-elle mentalement.

Elle avait, quelques heures plus tôt, explosée de colère en ne voyant aucun rapport lui parvenir , jettant ainsi une certaine tension sur l'operateur chargé des transmissions prioritaires.
Il n'etait, tres certainement, pas pret d'oublier "l'episode Dona Bella". Avec son commandeur qui tournait derriere lui sans cesse, le forçant à verifier et reverifier ses branchements et ses connexions toutes les deux minutes, il y avait de quoi devenir fou.

A present qu'elle etait rassurée sur le sort de Dona, elle sentie la fatigue la gagner.
Elle actionna l'intercom du haut-parleur , un peu barbare cet engin , surtout à cette heure -ci, mais cela l'amusait de faire sursauter tout le monde en s'en servant. Vieux comme Herode, mais au moins tout le monde l'entendrait.

"-Votre attention s'il vous plait ! Nous accueillerons une invitée tres speciale;faites preparer mes anciens appartements , preparez lui un dîner copieux et assurez-vous que tout soit en ordre avant son arrivée!
Je ne desires pas être derangée . Faites moi prevenir dés qu'ils seront là."

Elle se mit à rire toute seule en imaginant leurs têtes à tous, elle ne pouvait pas s'empecher de hurler legerement dans cet appareil . Elle s'excusait interieurement en argant qu'il crepitait , mais elle savait qu'il fonctionnait tres bien.
Kalisto lui avait dit une fois , qu'elle devait y prendre un malin plaisir , et il fallait reconnaitre qu'elle avait raison.

Sur Hesperus, l'attente febrile des heures dernieres s'envola aussi vite qu'elle etait venue. Le personnel y residant , avait pris l'habitude des humeurs changeantes de leur Sensei et avait même fini par detecter les nuances . Même si ce fichu machin hurleur leurs cassait les oreilles, il etait surtout le signe irrefutable que la colère etait passée.

La petite "fourmiliere" se mit à grouiller d'activité , pendant que dans son antre Stavia s'appretait à prendre un peu de repos .

Elle se glissa dans sa "couveuse" comme elle disait , et s'endormi d'un sommeil de plomb, un sourire flottant sur ses lévres. Dona serait bientot en securité sur Hesperus et bien fou ou suicidaire serait celui qui tenterait ne serait-ce que de faire mine d'approcher sans y avoir été invité.
Le niveau de securité maximal serait maintenu aussi longtemps que necessaire. Elle mettait un point d'honneur à garantir la tranquilité des visiteurs et encore plus celle de ses amis.

Dona avait contourné les plans de la Faucheuse, et nul doute que celle-ci devait fulminer à cet instant. L'enfant ne lui suffirait surement pas .Mais pour l'heure Dona etait en vie .
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 Message Posté le: 24 Nov 2005 19:42    Sujet du message:
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juste parceque j'avais tres envie de vous montrer Dame Stavia de plus prés. Clin d'oeil et que je n'aurais jamais le plaisir d'afficher la version originale en guise d'avatar.





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Dernière édition par bransheeblue le 01 Déc 2005 8:54; édité 1 fois
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 Message Posté le: 25 Nov 2005 2:52    Sujet du message:
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qu'elle est belle ...
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 Message Posté le: 06 Jan 2006 10:12    Sujet du message:
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Holomissive :

Citation:
« Je suis arrivé hier soir par le croiseur de 20h00.
J’ai regagné ma chambre d’homme de guerre, avec ces meubles familiers sur lesquels j’ai si souvent posé les mains, avec ces livres qui m’ont nourri, avec son vieux lit de métal, et où cette nuit, j’ai cherché en vain le sommeil. La campagne se présente bien, mais tu sais ce que c’est. Les hommes sont prêts à en découdre.

J’espère que ce message te trouvera en bonne santé et que tout se passe au mieux. «



Il était donc bien arrivé, et tout se déroulait au mieux. Elle espérait que cette campagne serait fructueuse. Elle souriait en caressant son ventre gonflé du bout des doigts. Il lui manquait, certes, mais la date approchait et plus l’imminence se faisait sentir plus il ressemblait à un lion en cage. Il était bien mieux à diriger ses hommes qu’à tourner autour d’elle.

Pour tuer le temps, elle avait décidé qu’une petite sortie ne serait pas de trop, car à dire vrai elle non plus ne tenait plus en place. Elle ressentait un besoin impérieux de s’isoler, d’être seule. Elle fuyait toute compagnie, hormis celle d’Eirinn. Même les femmes venues afin de préparer et d’assister à la naissance n’étaient parvenues à la raisonner.


La neige crissait sous ses pas lourds, le vent froid s’engouffrait dans sa capuche. Le temps tournait, et elle se trouvait à présent assez loin du manoir, trop loin pour y être avant que la tempête n’éclate.
Les flocons tombaient déjà plus vite, et effaçaient le paysage sous un voile de coton.

La tête rentrée, le dos voûté, elle avançait à l’aveugle, silhouette obscure noyée dans l’uniformité du décor, guidée par la louve inquiète.
Elle pénétra sans trop le voir dans la forêt domaniale. Eirinn marquait le pas, s’assurant que sa maîtresse la suivait encore.
L’urgence de trouver un refuge devenait de plus en plus vitale.

La main posée sur le cou de l’animal, elle marchait sans regarder autours d’elle, confiante en cette amie sincère.
Eirinn s’arrêta devant une lourde porte en bois, qu’elle reconnue pour être celle de l’abbaye de Ballintuber. Ironie du sort, qui la ramenait sans cesse vers ses lieux.

Les doigts gourds, elle frappa le panneau, attendant sans trop y croire qu’on l’entende. Une éternité s’écoula, et enfin le Juda s’entrouvrit sur le visage potelé du Frère Antoine :

-« Qui va là ? »

Elle rejeta sa capuche en arrière afin de dévoiler son visage.

-« Ah…c’est vous … » son teint était devenu cireux d’un coup.
Que voulez-vous ?

-« Je me suis fait surprendre par la tempête et le travail a commencé. Allez-vous me laisser entrer ou vais-je devoir accoucher là dans la neige, devant votre porte ? «

-« allez au diable, vous et votre engeance ! » Le clapet se referma d’un coup sec.

Elle regardait stupéfaite la porte close. Voilà donc la grandeur d’âme de ses moines peureux !

La douleur s’intensifiait, l’enfant serait bientôt là. Les mains crispées sur son ventre durcit, elle respirait avec peine, lorsqu’une voix venue de nulle part l’interpella.

-« Venez avec nous Madame, nous allons vous reconduire. C’est imprudent de rester dehors dans votre état. »

Elle se retourna d’un bloc et se retrouva face à face avec une femme flanquée de deux comparses.

-« Nous avons un moyen de transport plus sure que la marche, si vous voulez bien nous suivre … »

La femme ouvrit le bras, l’invitant à passer devant elle, mais Stavia ne bougea pas, la regardant interdite. Quelque chose la dérangeait … Elle en était là de ses réflexion lorsque la femme parla :

-« Venez ! »

La voix pénétra son crâne, et son corp se mit en marche.

Lorsqu’elle refit surface, elle était installée dans ses appartements douillets du manoir.
Sa femme de chambre attisait le feu dans la cheminée, et dans un fauteuil moelleux posé prés de la fenêtre une frêle silhouette s’y enfonçait. Le regard brumeux et comateux, elle essaya de distinguer qui cela pouvait être. La silhouette dû s’apercevoir qu’on l’observait, et se levant se dirigea vers elle.

Une voix douce et familière empli le brouillard de son cerveau.

-« Là, tout va bien à présent. Je ne suis pas vraiment là et je ne sais pas si j’aurais beaucoup de temps pour tout te dire. Tout ceci n’est qu’un rêve. Je n’ai pas trouvé d’autre moyen de te prévenir. Ta fille est avec moi. Je ne sais pas où nous sommes. Les femmes qui t’accompagnaient …droguée …étais venue te voir … ton fils …elles reviennent …reviendrais dés que possible …il faut que tu te réveilles... maintenant ! «


A suivre ...
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