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La Stavia Corp' .
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poney
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Localisation: Tir na mban

 Message Posté le: 29 Mai 2007 14:28    Sujet du message:
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L'exercice est certes impressionnant .... sur des faits réels je vous l'accorde, mais datant de plus de 2 siècles. Roulement des yeux

Aurez-vous le même engagement à nous retracer tous les actes de massacres, tortures et autres petits détails dont le cercle et vous même, dans une moindre mesure, vous nous gratifiez régulièrement ET de nos jours ?

je peux me plier à l'exercice sans soucis, mais cela me semblerait tellement plus juste que cela vienne de vous...
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Dona bella corp
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Messages: 771

 Message Posté le: 29 Mai 2007 15:16    Sujet du message:
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Quelle est donc cette trompette
Qui tousse, vagit et pète?
Sans trève elle nous pompe l'air
Sur un air qui n'est pas de fête
Voila t il pas qu'elle nous prend la tête.
Il excelle le bougre, y fait carrière

Mais il nous lasse le cul de la ponette
Il serait sage qu'il fasse place nette.

Message 12.5°
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Belle de guerre

Aime ses alliés et tue les autres.


Dernière édition par Dona bella corp le 29 Mai 2007 15:19; édité 1 fois
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checkmate
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 Message Posté le: 29 Mai 2007 15:17    Sujet du message:
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La lecture de la partie animale m'interroge.
En effet un point crucial manque : combien d'humain en cage consomme par an un vampire?
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poney
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Messages: 573
Localisation: Tir na mban

 Message Posté le: 29 Mai 2007 15:32    Sujet du message:
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Dona bella corp a écrit:
Quelle est donc cette trompette
Qui tousse, vagit et pète?
Sans trève elle nous pompe l'air
Sur un air qui n'est pas de fête
Voila t il pas qu'elle nous prend la tête.
Il excelle le bougre, y fait carrière

Mais il nous lasse le cul de la ponette
Il serait sage qu'il fasse place nette.

Message 12.5°
Mis boite à la propriété


plutôt que de me prendre la tête
vous feriez mieux de répondre à mes questionnettes
vos interventions sans queue ni tête
vous ménerons surement à votre perte
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etpp5
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Messages: 1048

 Message Posté le: 29 Mai 2007 21:38    Sujet du message:
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checkmate a écrit:
La lecture de la partie animale m'interroge.
En effet un point crucial manque : combien d'humain en cage consomme par an un vampire?



arf! Ne mettez pas tous les Vampires dans le même panier de rats.............

sans les Hommes pas de Vampire...............
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bransheeblue
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 Message Posté le: 30 Mai 2007 9:54    Sujet du message:
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checkmate a écrit:
La lecture de la partie animale m'interroge.
En effet un point crucial manque : combien d'humain en cage consomme par an un vampire?


Et bien la reponse a cette petite question, fort appropriée je l'admets, est des plus simple: AUNCUN.

J'ai certes le sang de quelques moinillons sur les mains, les dents et dans les veines , on peut donc imagnier que cela est un petit carnage à mon actif ,d'environs une soixantaines de membres de l'espece Humaine . Mais finalement , ma justice est peut-être un peu radicale, bien que certains d'entre vous pratiquent encore la peine de mort pour crime aggravé.

Ma consommation journaliere est d'environs 7 litres de sang frais, ce qui correspond à un adulte moyen en bonne santé . Soit 7 poches d'hemoglobine . Mes administrés offrant regulierement des dons en nature , mes chasses se cantonnent en generale sur les champs de bataille; ou là je n'ai qu'à me baisser pour me regaler des moribonds. la peine capitale etant encore en activité sur mes Terres , je me charge d'executer la sentence rendue par un tribunale composé des pairs de l'accusé.

Si je devais faire le compte de mes victimes au court de ses 300 dernieres années en se basant sur une moyenne chiffrée d'un individus par jour ; soit 365 par an que multiplie le nombre d'années , nous atteindrions la somme de 109500 individus . Ce dernier augmenté de mes expeditions guerrieres où il m'arrive de faire bombance , je vais être genereuse et porter le chiffre à la hausse en le doublant : soit 219000 individus. Soit l'equivalent d'une grosse ville de province .

Voyez, je ne me defile pas . Et je crois pouvoir dire que je suis encore en dessous de ce qu'un Humain peut consommer en chaire durant sa courte existence.

Pour repondre au Sieur Poney, les chiffres datent effectivement , mais ils n'en restent pas moins largement superieurs à ce que j'ai pu engendrer comme perte durant mon existence. Et je vois que vous vous epargnez bien de relever qu'au nombre des victimes de la race Humaine, figurent des chiffres edifiants de vos propres congeneres. Et je ne pense pas qu'au court des deux derniers siecles vous ayez diminué le nombre de victimes toute espece confondues. Donc mon "bilan" reste encore assez en dessous de la realité si l'on fait le cumul jusqu'à ce jour.

Et parlez nous , je vous pries , de la façon dont votre ancêtre dont vous êtes si fier planta ses racines sur le sol Irlandais . Roulement des yeux

Je n’aurais jamais l’hypocrisie de pretendre être autre chose que ce que je suis. Un Être de chaire et de sang ; à votre image. Mais lorsque ma fin arrivera , mon corps tombera en cendre, rejoignant la poussière des siecles passés , pendant que vos corps inertes se trouveront livrés en pâture aux insectes peuplant vos entrailles. De festin de roi pour vermine grouillante vous deviendrez putrefaction nauséabonde.

Alors certains d’entre vous, au sursaut ultime, regretteront que je ne me sois pas penchée sur leur sort , offrant l’extase d’une etreinte pour parcourir à leurs côtés les derniers instants de leur existence ; pendant que d’autres appelleront de leurs vœux ma sombre presence pour contrevenir à l’inneluctable ; partageant ma Coupe à leurs lèvres assoiffées . Et dans leurs veines taries, coulera le Nectar Obscure. Ils s’eveilleront d’une lente torpeur pour parcourir vos champs de bataille ; muant les râles d’agonies en soupirs extatiques pour satisfaire, en libre echange , à leur faim devenue insatiable.

Alors le poison se changera en elixir et mon engeance perdurera tant que vos guerres inonderont la Terre d’un Vin capiteux à nos bouches. De vos rivieres de sang ; de vos carnages nous tiront profit. Il ne tient qu’à vous que notre faim reste inassouvie.

Lorsque l'Humanité aura enfin compris que son rôle n'est pas d'assujetir , de convoiter le bien de son prochain, de detruire son environnement et tout ce qui y vit Homme ou Bête pour le modeler à son image, alors de moi même je me retirerais de ce Monde . Mais les armes à vos ceintures, les mots dans vos bouches, me montrent que ce temps n'est pas encore venu.
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La où le naïf voit des étoiles, moi je vois des mondes à dominer.

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bransheeblue
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 Message Posté le: 05 Juil 2007 12:00    Sujet du message:
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Entre raison et Folie



I- Lorsque les Voix se turent :



L’air ambiant était chargé des volutes bleues s’élevant de l’encensoir empli des herbes offertes par Alf. En silence, elle déposa sur le butsudan la coupe de fruits frais, la conque emplie de l’eau pure de la source d’Hesperus, une branche provenant du Saule ; craqua une allumette et embrasa les mèches des bougies pourpres, et enfin ouvrit le Gohonzon. Les jambes repliées, elle prit place sur le coussin posé au sol, frappa trois fois le gong afin d’ouvrir le rituel.

Les mots sacrés du Daimoku raisonnèrent sous les voutes de la salle de pratique. A mesure qu’elle psalmodiait, son esprit guidé par les lourdes senteurs s’ouvrait. Quand vint le moment d’entamer le Sutra du Lotus, elle était déjà entrée en transe.

Ces longs moments d’absence étaient les seuls instants de repos que son corps et son esprit connaissaient depuis des mois. Chaque nuit voyait le flot des images que la Muse projetait envahir ses songes. Chaque Aube venait, lourde, l’arracher au confort de sa couche. Il avait fallut établir ce rite pour interrompre les séances nocturnes et lui permettre de reprendre un peu de force. A bout de tout, son esprit s’égarait chaque jour davantage sur les pentes de la Folie qui la rongeait. La lutte permanente entre sa nature et l’intrusion répétée de Kalisto dans son mentale, formaient le lit de ce qu’elle était doucement en train de devenir.

Hier, encore, lors de l’exécution d’une sentence promulguée par le Tribunal décisionnaire aux affaires de Justice de la Gabinie, sa main avait tremblée. L’espace d’un instant sa poitrine, foudroyée sous l’onde de compassion, avait entravé son geste. Et voilà que ce matin, elle avait dû s’y reprendre à deux fois. Sa tête lui faisait un mal de chien, et rien ne semblait venir à bout de ce mal lancinant. Boris l’avait regardé, interloqué, comme s’il la voyait pour la première fois.

Et maintenant, à chaque geste, se disputait son appétit et ce retours d’âme. Bien encombrant retours d’ailleurs, qui faisait naître des peurs jusque là depuis longtemps reléguées au terrain d’une existence qu’elle avait abandonné voilà plus de 300 ans. Ainsi son esprit vagabond, errait sur des sentiers de douleurs ; flashs répétés et successif d’une vie antérieur. Mais cela avait sa part d’intérêt, car chaque sensation de colère s’en trouvait décuplée.

Alors, elle était là, assise devant cet autel à faire le vide ; à chercher le moyen d’endiguer ce flot incessant et parvenir à cet équilibre qui devenait plus que nécessaire. Au bout de trois heures, elle émergeât lentement, apaisée. L’esprit lucide et clair, la faim lui tiraillant le ventre. Avec une envie folle de chasser, comme au bon vieux temps, Eirinn à ses côtés ; de renouer avec sa nature profonde. Ne lui avait-on pas parlé ce matin d’un groupe de mercenaires tyrannisant les paysans, au nord, dans les plaines de sable ? Et bien, elle en ferait son affaire ; joindre l’utile à l’agréable. Les échos de ce qu’elle était ne semblaient pas avoir atteints les confis de ses terres ; à parier que ces galeux ne s’attendaient pas à une rencontre de ce type. Exterminer cette vermine jusqu’au dernier, comme on ampute un membre ravagé par la gangrène ; et une fois cette Terre épurée, repartir à la conquête d’un nouveau Monde …mais ce ne serait pas pour demain. Il restait trop à faire ici.

Mais avant de sortir, il lui fallait consulter les dossiers posés sur son bureau et donner les réponses adéquates. Des rapports financiers, des notes d’investisseurs, rien de très excitant en somme. Hormis, peut-être, ce compte rendu émanant du General Letek sur ses recherches en robotique. Des soldats, plus résistants qu’un cyborg, précis et destructeurs comme un tir d’artilleries, aussi furtifs qu’un Mirage …excitante perspective. S’il réussissait un tel prodige, le visage des campagnes ypsiennes en serait à jamais changé. Et le prix en vie n’en serait que plus léger. De quoi satisfaire aux exigences d’Hesperus.

Attrapant sa cape accrochée sur le porte manteau, elle appela Eirinn. Sorties du bureau, elles empruntèrent le couloir menant aux écuries.
Bucéphale renâclait dans son box, piaffait d’impatience à l’idée de se dégourdir les jambes. A le voir, on restait persuadé qu’il était conscient de sa beauté ; le port altier, l’attitude fière, n’acceptant sa nourriture que de mains qui lui semblaient dignes de lui. Elle avait eu le coup de foudre pour cet étalon qui terrifiait tous les palefreniers depuis qu’il avait explosé la tête du dernier en date à coup de sabots bien placés .Son ancien propriétaire avait voulu l’abattre, sans chercher à comprendre ce qui avait bien pu pousser l’animal à une telle extrémité. Les marques de brûlures sur sa robe d’ébène avaient achevées de la renseigner sur le caractère de cet équidé magnifique.
Une sorte de lien secret s’était tissé entre eux, comme s’il avait compris que ni elle ni Eirinn ne lui feraient le moindre mal. Elle se souvenait de leur première sortie, où à crue sur son dos, ils avaient goutés de concert au doux nectar de se sentir enfin libre. La vue de sa cavalière arrachant une jugulaire, couverte de sang, ne l’avait pas perturbé outre mesure. Tout ce que son cœur savait, c’était qu’ensemble ils étaient rapides comme le vent du sud lorsqu’il s’engouffre dans la Vallée Rocheuse. Une bien étrange compagne qui n’avait pas vraiment besoin de lui pour être rapide, légère sur son dos, si légère qu’il la sentait à peine. Et dont la voix, roque et envoutante, l’amollissait tout entier. En fait, ils s’étaient plu au premier regard. L’un percevant chez l’autre cette même force à ne pas plier devant l’adversaire. Ce même feu .La première nuit, elle l’avait bercé par des histoires d’un pays, par delà l’espace, où les vallées verdoyantes s’étendent à perte de vue, où le vent cingle le sang. D’une Terre où ses sabots ne s’enfonceraient pas. Irlande. Depuis lors il ne rêvait plus que de ça.

Elle lui caressa le chanfrein, lui murmura quelques mots à l’oreille, et ouvrit la porte du box, le laissant libre de la suivre où de rester. Les palefreniers, les craignant tout autant l’un que l’autre, s’écartèrent pour leur livrer passage. Fiers et la tête haute, ils sortirent dans les derniers rayons d’un soleil déclinant. Glissant les doigts dans la crinière, elle grimpa lestement. Une pression des talons, et ils prirent le chemin de la liberté, suivis de prés par Eirinn ; au grand galop vers le nord …

A suivre ...
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bransheeblue
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 Message Posté le: 12 Juil 2007 8:39    Sujet du message:
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La lune était déjà haute lorsqu’ils arrivèrent. Laissant Bucéphale en arrière, Eirinn sur les talons, elle marcha silencieusement vers le camp. Elle observa un moment, étudiant les mouvements des occupants, les dénombrant. Eternel n’étant pas Immortel. Deux sentinelles, quatre gardes, six soldats, et trônant fièrement au milieu de sa petite cours ce qui devait être le chef de cette petite meute dépenaillée. Sales, puants, à moitiés ivres. Des rires grivois montant d’une tente légèrement reculée attirèrent son attention. Se déplaçant à la faveur de l’obscurité, elle se glissa jusqu’à l’habitacle et en éventra un morceau de sa dague afin de voir ce qu’il s’y passait.

Un frisson lui dressa les cheveux sur la nuque ; sa tête se mit à tournée prise dans un étau ; un voile rouge lui tomba sur les yeux. Une colère sourde lui fouilla les entrailles, mêlée d’une faim subite et furieuse lorsqu’elle vit l’immonde brute ahanant souiller de sa carcasse le corp frêle d’une toute jeune fille, encore une enfant. Ses mains attachées au pilier centrale, ses jupes relevées jusqu’au menton, son visage tuméfiés parcourus de rigoles claires où le sang délavé s’était agglutiné dans ses cheveux. Un autre emplissait sa bouche de son membre, tandis qu’un troisième le pantalon encore en bas des chevilles applaudissait et encourageait.
Quelque chose se brisa. L’espace d’un instant, elle vit les traits de son enfant se superposer à ceux de cette fillette et la rage monta. Sa main se crispa autour de la poignée. D’un regard elle capta l’attention d’Eirinn qui peinait à se contenir, le poil de son dos dressé en une masse plus sombre ; lui indiqua la « pom-pom-girl » au pantalon baissé. Tout se joua très vite. La louve entra la première et se précipita sur sa proie, lui arrachant la trachée au vol, le second se fit trancher la gorge sans autre forme de procédure. Le troisième, encore enfouie entre les jambes de sa victime, se retrouva propulsé à l’autre bout de la tente ; une main lui broyant le gosier.

Une voix d’outre-tombe lui murmura doucement à l’oreille :

-« toi, qui profane le corps de l’innocence, je vais te faire connaître l’enfer »

Elle le relâcha, assommé par le manque d’air, pour se pencher sur la petite. D’une main douce, elle couvrit sa nudité, puis la pris dans ses bras. Son souffle était à peine perceptible, elle s’enfonçait inexorablement vers la mort.

Elle la berça un moment, comme on console un enfant après un cauchemar, lui caressant les cheveux.

-« Je vais t’aider à partir, n’ais pas peur. »

Lentement, doucement, elle pénétra la chair de son cou, absorbant le malheur, la douleur, les souffrances pour les faire siennes ; cajolant l’être abandonné. Elle fouilla sa mémoire pour en extirper les horreurs et ramener à la surface les souvenirs lointains de l’enfance insouciante. L’accompagnant aussi loin que possible ; avant de se redresser pour ne pas être entrainée dans la mort avec elle.
D’un pas plus lourd, elle rejoignit Eirinn.

Redressant par les cheveux la tête de l’immonde bâtard grogui, elle s’empara de sa jugulaire et le ponctionna jusqu’à l’ultime limite, regarda la vie quitter son immonde carcasse. Lorsque le moment vint, elle s’entailla le poignet et versa dans la bouche putride le Nectar Obscure. Deux mains poisseuses s’agrippèrent à elle, absorbant avec gloutonnerie. Elle s’arrêta avant qu’il n’ait eu sa dose et admira la torture de ce vers qui se tortillait dans la poussière, étouffant. Le sang maculait sa bouche ouverte, ses ongles grattaient le sol, pendant que les sensations de la pauvre petite passaient en lui ; le projetant à sa place au milieu du tumulte des assauts de ses anciens camarades.

Il ressenti les coups de boutoirs lui fouillant le ventre, les mains brutales s’agrippant à ses seins imaginaires, les dents le mordant dans l’intimité d’une chair qu’il avait lui-même meurtrie ; les vas et viens contre nature dans chacun des orifices possibles, la peur, la douleur, le désespoir et au moment où il crut son cœur sur le point de se rendre, un gout de fer envahit sa bouche à nouveau, pendant que la même voix susurrait :

« - je vais te faire revivre ça, encore et encore et encore, jusqu’à ce que j’en ai assez. »

Le temps coula, comme au ralenti, l’agonie n’en finissait pas. Agacée et satisfaite, elle plongea sa main dans la poitrine et en extirpa le cœur, le jeta au sol et l’éclata à coup de talons. Il était grand temps de s’occuper du reste de cette joyeuse compagnie.


Les deux sentinelles ne posèrent aucune résistance lorsque leurs nuques cédèrent. Le camp s’était endormi, elle put se faufiler jusqu’au corps de garde sans encombre. Les quatre compères qui s’y trouvaient, n’eurent jamais le temps de s’apercevoir de ce qui leur arrivait.

La petite garnison roupillait deux tentes plus loin. Eirinn en étouffa deux, égorgea un, pendant que sa maîtresse s’occupait des trois autres. L’un d’entre eux failli donner l’alarme, alerté par les gargouillis provenant de son voisin de palette. Une dague en argent en travers de la trachée étouffa ses médiocres tentatives.

Il ne restait plus que le porc gouvernant tout ce petit monde. Lorsqu’elles pénétrèrent dans les quartiers privés, une odeur de pourriture leur saisi le nez. Une nausée monta, réprimée instantanément, en découvrant un monticule de corps à moitié …dévorés !

Donnant un violent coup de pied dans le couchage, elle fit basculer face contre terre sa dernière proie.
Réveillé en sursaut, d’abord surpris, il se mit à hurler à la garde en voyant quatre yeux phosphorescents le fixer dans le noir.
Un rire lui répondit, pendant qu’un poids pesant sur sa poitrine l’empêchait de se relever.

Une voix de femme interpella le poids :

-« laisse-le fuir Eirinn, ce sera plus drôle »

Il sorti en hurlant de la tente, courant à travers le campement, avec l’intime conviction d’être escorté de près.

Elles le suivirent, sans se presser, s’amusant de le voir trébucher sur les cadavres de ses compagnons, se gaussant de ses cris d’effroi et enfin se délectant lorsque les sanglots de la fatalité résonnèrent à leurs oreilles. Puis, le silence à nouveau. Sans crier gare, il leur fonça dessus, épée au clair. Si, un instant, elle fut « émue » par ce sursaut de courage, il ne lui en restait plus rien lorsque la tête roula sur le sol à ses pieds ; désolidarisée du reste par la lame de son sabre.
Le jour pointait à l’horizon, une certaine paix planait sur elles. Intérieurement, Stavia remercia Akasha par ce « don » unique, et laissa les rayons lui caresser la peau. Le murmure du vent lui chantait de rentrer, mais avant de partir elle recupera la dépouille enfantine ; la déposa sur le dos de Bucéphale. Les autres offerts en pâture à la vermine et aux charognards.


A suivre...
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 Message Posté le: 29 Juil 2007 13:55    Sujet du message:
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Le retours aux Sources :


Cette petite ballade l’avait revigorée ; elle n’arrivait plus à se souvenir depuis combien temps elle ne s’était pas sentie aussi bien.
Et c’est avec autant de surprise, qu’elle s’éveilla le lendemain après une nuit sans rêves.
Un sommeil de plomb lui était tombé dessus à la minute où elle avait refermé le couvercle de son cercueil.

Les Voix s’étaient tues. Enfin seule avec elle-même, un voile se déchira dans son esprit à nouveau paisible. Regardant la poche rubiconde dans sa main, elle eut un haut le cœur. Cela faisait tellement longtemps qu’elle était conditionnée à ce régime de misère qu’elle ne s’était même pas rendue compte de ce qu’elle était en train de faire.
A bien y penser, c’était proprement insultant d’en être réduit à ça.

A quel moment avait-elle cessé d’être en accord avec sa propre nature ? Elle ne s’en souvenait pas. Elle se revoyait sans peine lutter chaque jour contre cette faim, s’octroyant quelques moments d’égarement de temps à autres, mais elle n’avait pas le sentiment qu’il se fut agit d’elle-même. Elle contemplait le fil de ses souvenirs comme on regarde défiler la vie d’une étrangère.
Se pouvait-il qu’elle fût cette créature hésitante, presque sensible au point de se nourrir de dons ?
De fait, ces constatations étaient à se frapper la tête contre un mur.

Comment en était-elle arrivée là ? Là résidait le mystère, sûrement kalisto y était-elle pour beaucoup dans l’application d’une telle muselière, et l’amitié qu’elles se vouaient pouvait, sinon l’excuser l’expliquer. Mais depuis la disparition de la Muse, tout était devenu différent.
Si hier encore elle se croyait au bord de la folie, aujourd’hui elle réalisait à quel point il s’en était fallu de peu pour qu’elle s’égare tout à fait.

Biensure, il fallait être reconnaissant envers Ypso et chacun de ses membres, dans le fond sans kalisto, elle serait sûrement devenu un de ces buveurs de sang à la petite semaine, condamnés à vivre de la « charité » humaine ou à compenser le manque probant de nourriture saine par des animaux de basse extraction. Autant se couper la tête et s’enfoncer un pieu dans le cœur tout de suite.

Evidemment, elle ne pouvait pas nier non plus ne pas avoir sa part de responsabilité dans cet état contre nature , après tout personne ne lui avait mis de couteau sous la gorge ; et pour dire vrai , elle y avait cru aussi .

Ne serait-ce que part reconnaissance, par respect pour tous ceux qui lui avaient si librement et en toute confiance ouvert leur porte, elle ne pouvait pas leur infliger un basculement totale.
Ce serait pire qu’une trahison, et malgré toute son Obscurité, ce défaut ne faisait pas partie de son caractère.

Elle regarda autours d’elle, examinant la pièce qui était son refuge depuis tant d’années. Chaque meuble ici avait une histoire, et pourtant tout lui paraissait étranger. Elle ne se reconnaissait pas au travers du choix de chaque détail.

Cela faisait bien longtemps en réalité que celle qui était arrivé ici n’existait plus, et si un doute avait pu encore subsister, depuis sa dernière escapade il n’était plus permis.

En conclusion, il était temps de rendre Ypso à Ypso.
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 Message Posté le: 31 Juil 2007 14:09    Sujet du message:
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Boréalis, Centre de communication


Le générale O’ Sullivan se frottait déjà les mains. Compte tenu de la nouvelle politique « maison » au sujet des départs en retraite anticipée, il était certain d’avoir prolongé son « contrat » de façon tout à fait notable grâce à cette surveillance des communications résiduelles dans le continuum Alpha.

Il s’éclaircit la voix, épongea la sueur sur son front et actionna l’intercom. La voix de Boris l’accueilli :

-« Générale, Le commandeur ne désire pas être dérangé. «
-« Je sais bien Sénéchal, mais là, elle fera une exception, j’en suis certain. »
-« Très bien générale, je vous transfert sur le module de communication de notre COMMANDEUR. J’espères pour vous que ça en valait la peine … »


-« Commandeur ? Pardonnez-moi de vous déranger, mais le générale O’ Sullivan désire vous parler d’urgence. »
-« Très bien Boris, passe-le-moi. »
Le voyant de son module se mit à clignoter :
-« Générale, j’espères que vous ne m’interrompez pas pour rien. »
-« Commandeur, avec tout le respect que je vous dois, nous venons d’intercepter une communication dans la bande magnétique résiduelle émanant des services de communication du Traitre. Je pense que cela devrait vous intéresser au plus haut point. »
-« J’arrives. »

Elle sorti en trombe de son bureau et pénétra comme une furie dans la salle des communications.

-« O’ Sullivan montrez-moi ça ! »
-« Tout de suite Commandeur. »

Il lui tendit la dépêche, qu’elle parcouru. Elle ne pu retenir un petit cri roque.

-« Enfin il se décide à bouger ! Spencer ! «
-« Oui Commandeur ? »
-« Faites-moi un traçage du message, je veux savoir où il va ! «
Spencer dansait sur sa chaise comme un môme qui ne peut résister à la tentation de commettre la bêtise qui lui fait tant envie.

-« En fait, je l’ai déjà fait Commandeur. »

O’ Sullivan accusa le coup, manifestement agacé de se faire voler la vedette. Spencer se leva, et contourna son bureau pour allumer l’écran géant, affichant une carte.

« -Voilà Commandeur, j’ai tracé le signal jusqu’à son point d’arrivée. Je crois que ça va vous plaire. Il vient de là. »

Avec son pointeur laser, il indiqua un petit point dans le système de l’Imperium : Téta Shalish.
Stavia en lâcha un juron :

-« Nom d’un chien ! C’est pas vrai ! Et dire que …Spencer, rappelez-moi votre grade ? »

Il rougie jusqu’à la racine de ses cheveux roux.

-« Je suis simple operateur-radio Commandeur. »
-« Et je peux savoir qui est le crétin qui vous sous exploite ? »

Spencer n’osa pas répondre, mais un regard éloquent en direction d’O’ Sullivan suffit à la renseigner.

-« Je vois. Je vais réfléchir à la façon d’exploiter au mieux vos compétences. Bien, Sullivan, venez avec moi ; en attendant Spencer va se charger d’informer la flotte de notre nouvelle destination et d’envoyer un message à mon époux. «


A suivre ...
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bransheeblue
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 Message Posté le: 25 Aoû 2007 20:27    Sujet du message:
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System de l’Imperium; Téta Shalish.

-“Champ gravitationnel opérationnel, Commandeur. Demandons autorisation d’atterrir ?”

-« Non, Spencer. Faites-moi préparer le Furtif ; je veux dix hommes avec moi. Rien que la crème de la GCA .Ah et avant que j’oublie, Spencer ! »

-« Oui Commandeur ? »

Elle lui tendit un ordre d’affectation.

-« Votre promotion. Je comprends mieux pourquoi nos intérêts ne sont pas exploités au mieux, avec des incompétents aux postes importants et des surqualifiés aux postes subalternes. Je sens qu’il va y avoir du départ à la retraite anticipée …Lisez et prenez effet sur le champ. »

Spencer parcouru l’ordre d’affectation et devint rubicond.

-« Commandeur, c’est bien trop d’honneur, je ne sais pas si … »

Elle l’interrompît d’un geste de la main.

-« Si cela ne vous convient pas, je peux toujours vous reclasser derrière votre écran. »

-« Oh non Commandeur, cela me convient parfaitement. »

-« Bien, alors prenez votre arme et suivez-moi, nous partons pour Téta Shalish à l’instant. Désignez votre second Monsieur Spencer, et choisissez-le bien car vous en répondrez. »

-« Je n’ai personne de confiance à designer Commandeur ; personne qui vaille la peine que je risque ma tête pour lui. »

Elle lui sourie franchement, en acquiescent de la tête.

-« Voilà une réponse fort intéressante Monsieur Spencer, dont nous aurons le loisir de débattre à bord du Furtif. Allons, partons. Sullivan se chargera de vous secondez durant notre absence ; n’est-ce pas Sullivan ? »

La générale déchue opina en caressant de sa main valide le moignon qui jadis lui servait de dextre et qui désormais ornait l’étagère de son bureau. Petit souvenir à titre de rappel, laissé là par les bons soins de son Commandeur en guise d’avertissement.

Le détachement embarqua au pas de course ; discipliné et ordonné. Stavia était déjà assise dans sa cabine privée, Spencer en face d’elle.

-« Alors Monsieur Spencer, à présent que nous sommes seuls ; me direz-vous d’où vous vient une telle sagesse ? «

-« Certainement Commandeur. Je vous la dois. »

Stavia fut interloquée un instant, et se reprit :

-« Mais encore Monsieur Spencer ? Voyez-vous, je n’ai pas pour habitude de donner des promotions sans savoir à qui j’ai affaire. Mais en ce qui vous concerne, vous semblez être né il y a un an ; ce qui ne laisse pas de me tenir en éveil . Je ne voudrais pas vous effrayer outre mesure , Monsieur Spencer, mais si d’ici à notre arrivée vous ne m’avez rien donné de vérifiable sur votre identité réelle , je doutes fortement que vous reveniez avec moi à bord de l’Hesperus. Si toutefois , il vous ait donné de descendre du Furtif. »

Tout en terminant sa phrase elle passa sa langue sur sa dentition affutée ; en un geste plus que suggestif .

-« Vous avez raison Milady , je vous dois la vérité . »

En entendant ce mot, elle fut sur ses gardes, prête à l’occire dans la seconde. Il dut percevoir instinctivement qu’il jouait avec le feu , car les cheveux à la base de sa nuque se hérissèrent.

-« Je suis mort il y a un an , dans le donjon d’un manoir aux environs de Ballintubber … . Libre à vous de disposer de ma vie comme bon vous semble , ma loyauté envers celle qui m’a ouvert les yeux reste sans limites. «

Un silence lourd s’installa . Il la regardait en face , conscient qu’elle fouillait son mentale , lorsqu’une sensation d’étouffement le saisi à la gorge . Il ne chercha pas à se débattre ; se contentant de la regarder droit dans les yeux. Lorsqu’il fût proche de l’asphyxie , la pression s’arrêta d’un coup, remplacée par la sensation de brûlure froide d’une main glacée .

-« Très bien Monsieur Spencer ; les reliquats de mon ancienne appartenance vont me pousser à la confiance ; à moins que ce ne soit votre jour de chance. Je maintiens mon offre de promotion, vous serez détaché à mon service personnel . Téta Shalish nous permettra de savoir jusqu’où va votre dévotion Monsieur Spencer. Bouclez votre ceinture, nous approchons. Ce soir vous serez le Maître des Loups . »


A suivre ...
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 Message Posté le: 29 Aoû 2007 13:34    Sujet du message:
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Son rire emplie la cabine, laissant Spencer dans une totale perplexité. Le Furtif se posa sans bruit à moins d’un kilomètre de l’épicentre géopolitique, dissimulé derrière son bouclier de camouflage. Elle se leva tranquillement et l’invita à la suivre jusqu’à la garnison postée dans la soute. A son entrée, tous se levèrent d’un seul homme.

-« Messieurs, ôtez vos casques, ils ne vous seront d’aucune utilité. Veuillez procéder à la formation. »

Les rues grouillaient de monde, tous marchaient les yeux rivés sur leurs chaussures, il aurait suffit d’un, relevant le nez pour voir glisser le long des ruelles obscures quelque loup, suivi par un second marchant furtivement de l’autre côté. Dans la multitude lobotomisée une horde avançait sans bruit jusqu’au bâtiment du Miscellanea Imperii.

Spencer se demandait comment tout ce petit monde comptait entrer à l’intérieur sans alerter les services de sécurité. Lui-même, ne savait pas trop comment passer le service d’ordre. Il supposait qu’une fois le premier barrage passé, tout se déroulerait aussi discrètement que possible, mais cette pensée là était plutôt un leurre pour se rassurer. Elle ne les enverrait tout de même pas au devant d’une mort certaine pour le mettre à l’épreuve. Un doute affreux lui incisa les entrailles, et si dans le fond il devait être le seul à ne pas revenir ? Marquant le pas devant les portes de l’Imperii, il prit une profonde inspiration et en poussa les lourds battants.

Une petite femme était assise dans le hall d’accueil, de ce qui ressemblait à un institut scientifique de pointe, aux murs blancs immaculés, à la musique de fond douce et rassurante comme l’utérus d’une mère. Un sourire de façade enlaidissait des traits qui pourtant devaient être fort gracieux lorsque quelque sentiment en animait le regard. Des yeux partout, il en était certain, le scrutaient sous tous les angles possibles, et un scanner devait à cet instant précis le sonder et tenter de détecter la moindre arme. Une prière muette s’éleva, et il espéra que le sabre rétracté dans sa botte passerait inaperçu .Il actionna discrètement, le bouilleur d’onde enchâssé dans sa montre ; sorti la carte d’identification que les services secrets de la GCA lui avaient fournis.

Elle se saisi du document et le passa devant la lentille d’identification. Ce qui devait arriver, arriva, le voyant restait bloqué sur « rouge e », accompagnant son refus d’un petit bip sonore. Il s’éclaircit la gorge :

-« Je ne comprends pas ; peut-être s’est-elle démagnétisée à force de passer les différents points de contrôle. Pourriez-vous insister encore, j’ai une scytale à remettre de toute urgence. »

Comme pour appuyer ses dires, il posa l’objet sur le comptoir laqué.

-« Passez donc la vôtre, jeune demoiselle, et voyons si votre appareil n’est pas défectueux. » Un sourire angélique plaqué sur son visage.

Elle exécuta la requête, surement certaine que tout se passerait normalement. Mais le refus fut le même et le bip repris son chant monocorde. Perplexe, elle rangea sa carte dans le petit sac accroché à son siège.

-« Effectivement, il semble y avoir un problème avec la lentille d’identification. Je vais devoir faire une recherche manuelle et cela peut prendre des heures. «

-« Le problème, voyez-vous, est que je dois impérativement remettre cette scytale à Idar dans les plus brefs délais. «

-« Idar ? Idar Fen Adjica ? «

-« Lui-même ».

Elle sembla hésiter entre le laisser passer et le retenir et prendre le risque d’encourir les foudres du haut fonctionnaire. D’un mal prévalant sur un autre :

-« Dans ce cas, je vais vous fournir un accès visiteur. »

-« Je ne manquerais pas signaler votre compétence à qui de droit, soyez en assurée mademoiselle. »

L’idée d’une promotion, anima les prunelles de l’hôtesse d’accueil ; et c’est d’une main fébrile qu’elle lui remit le précieux sésame.

Spencer prit congé sur un sourire charmeur et emprunta le couloir d’accès à la zone sécurisée. La porte s’ouvrit sur un chuintement. A l’abri des regards, il coupa le brouilleur et cherchant dans sa poche en sorti la carte d’accès de la charmante petite demoiselle. La sienne s’étant retrouvée dans le petit sac à main, à la faveur de la perplexité. A présent, il lui fallait attendre le signale pour ouvrir la porte de service. L’implant enfoncé dans son oreille se mit à grésiller :

-« Monsieur Spencer, à vous de jouer. »

La serrure céda, et le peloton entra précédé de son Commandeur.

A suivre...
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 Message Posté le: 29 Sep 2007 16:17    Sujet du message:
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Rendez-vous

La nuit était fraîche aux abords de l'abbaye de Ballintubber.
La lune pleine éclairait le petit sentier que Stavia connaissait si bien pour l'avoir tant parcouru. Eirinn, comme toujours marchait à son côté. Son pelage si doux caressant le long manteau de cuir noir à chaque pas.
Une nuit calme et sans bruit sur cette terre d'Irlande à peine troublée par le doux bruissement des feuilles agitées par la brise fraîche venue des côtes. La nuit idéale pour une équipée nocturne au milieu des bois de l'Eire, songea Stavia.
Eirinn la devançait maintenant d'un pas, humant l'air empli des effluves de sa terre natale. Celle-ci sembla hésiter un instant puis s'arrêta net. Sa queue, d'abord immobile et raidie, se mit à osciller frénétiquement...

Un lapin, d'un blanc immaculé les attendait. sans bouger, les oreilles dressées. bientôt rejoint par toute une ribambelle de congénères. Entre les dents de chacun d'eux, une rose d'un rouge vermeil. Un à un, les lapins vinrent déposer les roses aux pieds de Stavia.
Il y en eut bientôt tant que tout le sentier en fut jonché. Jusqu'à la porte de l'abbaye...
Eirinn, d'ordinaire si prompte à s'amuser avec ces petits animaux, les laissa tous partir...
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 Message Posté le: 15 Oct 2007 14:23    Sujet du message:
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Téta Shalish,bâtiment du Miscellanea Imperii


Les plans ,affichés en surbrillance sur la face interne de sa lantille de contacte, lui indiquèrent que le reseau de couloirs qu'elle cherchait se trouvait juste en dessous de leur pieds.
Sans un mot, d'un geste sec de la main, elle ouvrit le passage menant à la salle des cuves, plus gentiment baptisée "salle des endormis" . Rien que le nom était une evocation de ce qui devait se passer derriere ces murs et ces portes bien propres ; à l'apparente innocence de la science constructive. Et dire que ce chien l'avait remise entre les mains de cette engeance. Mais quelque chose ne tournait pas rond. Trop de silence, trop de couloirs vides ...Poussant d'une main ferme la porte des coursives , comme mue par un sentiment d'urgence , elle vit ce qui depuis leur entrée manquait singulierement dans ce bâtiment surprotégé...bien trop pour être honnête. S'ecartant pour montrer à un Spencer de plus en plus perplexe le tas d'humanoides .

-"Il semble que quelqu'un nous ait devancé ...ami ou ennemi ? Cela reste à savoir. Formation ; mutation !" ordonna sa voix calme et feutrée.

La Horde se reforma sous l'oeil de l'irlandais, toujours pas plus habitué, mais moins surpris ; il nota que quelque chose de leger venait de changer dans le regard de cette femme ; déjà capable du pire , mais cette lueur là lui en rappelait une autre ...un soir de pleine lune ...Il chassât le relent de frayeur qui lui broyait le coeur, s'exortant à se rappeler que cette fois-ci il se trouvait du bon côté de la barriere...si ténue soit-elle. Il marchait à ses côtés , une meute les suivant dans un silence mortel ...tout de même , cela ne lui expliquait pas pourquoi cette cohorte de licanthropes lui obeissait au doigt et à l'oeil. Lorsqu'il l'avait interrogé, elle avait simplement repondu d'un ton evasif :" un heritage ."Les passages s'enchainaient, vides et deserts, comme si quelqu'un avait pris le soin de leur deblayer la voie pour leur montrer le chemin.

Puis enfin, cette porte lourde, rouge, aux hublots opaques , la pousser , le faire pendant que sa main ne tremblait pas encore ; mais ce n'etait pas elle , pas son tremblement , pas son coeur qui battait à coups sourds , pas sa peur qui lui fouyait les entrailles, pas sa colère qui montait menaçant de tout detruire ...elle , elle etait là, devant cette porte fermée ; pendant que quelque chose d'elle hurlait en silence , à deux doigts de la fracture mentale.

A suivre...
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Murbella



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 Message Posté le: 16 Oct 2007 10:22    Sujet du message:
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Salle des "endormis" , bâtiment du Miscellanea Imperii



Les deux mains plaquées sur le verre epais de la cuve , elle regardait comme un automate les longs cheveux d'or flottant dans le liquide somatre. Incapable de detacher son regard de celle qui fut plus qu'une amie, moins qu'une mère ; mais un peu tout à la fois. Ce lien etrange et mystique qu'elle parvenait à etablir par delà les distances ; la marche du rêveur remontant le fil d'un songe pour toucher la réalité qui lui echappe.

Ce corps frêle et delicat , percé de multiples implants la reliant à toute une mecanique chargée de la maintenir en vie. Comme se brise un barrage sous la force d'un lit trop grand , elle se mit à pleurer, à sangloter, à murmurer ; glissant au sol .

-"Il est venu ce jour , celui que nous attendions tant, elle est venue. Qu'ont-ils fait de toi ...Oh pardonne-moi ,je ne peux pas les laisser te faire ça non ...pas à toi. C'est vrai, lorsqu'ils l'ont pris lui , et qu'ils en ont fait ce ghola en tous points similaire pour le renvoyer à sa place , j'ai ris , d'une vengeance amere. "

Quelque chose de plus violent , de plus sauvage, longtemps contenu se mit à courir à travers son sang, une bête s'etait reveillée devorant tout sur son passage .Le front brulant collé à la vitre glaciale ne parvenait même pas à apaiser la fievre qui s'emparait de son corps ; secouée de frissons ; son souffle s'accelera , son coeur frappait tellement fort contre sa cage toracique qu'elle semblait sur le point d'exploser . Une rage s'empera d'elle . Se saississant de la barramine posée au sol, elle se mit à frapper sur la cuve, à grands coups repetés . Le verre se fendit dans un craquement lugubre , avant de ceder sous la pression du liquide ; projettant des eclats à travers la piece. Le flot se rependi sur le sol dallé , emportant avec lui le corps "endormi" comme un enfant sort soudainement du ventre maternelle . Les bips sonores des machines se mirent à hurler lorsqu'elle arracha les tuyaux qui scarifiaient la chaire de cette femme tant aimée. Arrachant le long manteau qui lui couvrait le dos pour le poser sur cette nudité desarmante . Serrant contre son corps la tête inerte ; ecoutant la vie deserter cette enveloppe dont l'esprit etait déjà mort depuis longtemps. Des semaines que le silence s'etait fait dans ses pensées, dans ses rêves ; que le contact etait rompu .

Elle regrettait presque à present de s'être contentée d'assomer tous ceux qui avaient croisés sa route jusqu'à l'incubateur ; car la Voix etait puissante chez elle ; bien plus puissante que ce qu'elle leur avait montré. Cachant derriere les verroux de son esprit la realité de son apprentissage.Kalisto avait forgé son esprit à repousser les intrusions non controlées, non desirées. Lui enseignant l'Art Etrange de laisser croire à l'adversaire qu'il controlait la situation , de lui montrer ce qu'il voulait voir . Sa beauté fragile constituait un atout de poids ; mince, petite, la peau diaphane, le visage devoré par des yeux à la lueur brillante que d'apres son amie elle tenait de son père , ses cheveux flamboyants preuve de son appartenance Celte au Clan Burke . Cette derniere pensée la ramena à la realité qui l'entourait . Ses yeux se poserent sur un second incubateur dans lequel flottait un homme ...son ennemi mortel ..Le desir d'eteindre toute la mecanique pour le laisser crever dans son jus opaque la fit un instant vibrer d'une frisson de plaisir incroyable. Mais ce serait trop facile .

Elle prit dans ses bras la frêle silhouette revetue de ce grand manteau noir , barrant sa nudité au regard . Elle ne pesait rien , pas plus lourde qu'un petit enfant ; le visage enfouie contre l'epaule de celle qui venait d'un même coup la liberer de ce carcan d'humiliation sordide de n'être qu'un paquet d'ADN copiable à l'infini et d'une existence artificielle que n'alimentait plus que des tubes et des sondes ; la rendant enfin libre d'une mort plus digne que l'etat vegetatif ne le ferait jamais. La chaleur commençait de faiblir , desertant chaque cellule .

Combien de nuit avait-elle passé blottie contre Kalisto , deversant tour à tour son chagrin, sa peur, sa colere, de n'être qu'un instrument , une monnaie d'echange, pour alimenter une guerre fratricide entre deux clans femelles, et la vengeance amere d'un homme econduit .

Debout au milieu de cette piece , chargée de son fardeau , elle prit le chemin de la sortie ; se dirigeant vers la lourde porte rouge .


A suivre...
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